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    Aliments riches en fibres : notre top des meilleures sources

    Aliments riches en fibres : notre top des meilleures sources
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    Ce qu'il faut retenir :
    • Les adultes français consomment en moyenne 15 à 20 g de fibres par jour, alors que l'Anses recommande environ 30 g : les meilleures sources pour combler cet écart sont les légumineuses (lentilles, pois chiches), les céréales complètes (flocons d'avoine, son de blé, pain complet), les fruits secs et les baies.
    • Les fibres solubles (bêta-glucanes de l'avoine, pectines) contribueraient au maintien d'une cholestérolémie normale et pourraient atténuer la hausse de glycémie après le repas ; les fibres insolubles (son de blé, seigle) soutiendraient un transit intestinal normal, deux mécanismes distincts qui se complètent.
    • Pour augmenter ses apports sans inconfort digestif, la règle est d'y aller progressivement, par paliers sur plusieurs semaines, en veillant à boire 1,5 à 2 litres de liquides par jour : sans hydratation suffisante, les fibres ne peuvent pas jouer pleinement leur rôle.

    Vous avez sûrement déjà entendu qu'il fallait « manger des fibres ». Le problème ? La plupart d'entre nous n'en consomment pas assez. En France, un adulte avale en moyenne 15 à 20 grammes de fibres alimentaires par jour, alors que l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) recommande plutôt de viser autour de 30 grammes par jour. L'écart est réel, et il se comble dans l'assiette bien plus facilement qu'on ne l'imagine. Tour d'horizon des aliments riches en fibres à mettre au menu, de ce que ces fibres font vraiment dans notre corps, et des bons réflexes pour augmenter vos apports sans malmener votre digestion.

    Les fibres alimentaires, qu'est-ce que c'est ?

    Commençons par le commencement. Les fibres alimentaires sont des glucides un peu particuliers : notre organisme ne sait pas les digérer. Contrairement aux sucres et à l'amidon, elles ne sont pas découpées ni absorbées dans l'intestin grêle. Elles poursuivent donc leur chemin pratiquement intactes jusqu'au côlon, où elles servent de festin aux bactéries de notre microbiote intestinal. C'est aussi pour cela qu'elles apportent très peu de calories : on les consomme surtout pour ce qu'elles font, pas pour ce qu'elles pèsent sur le plan énergétique.

    On les trouve uniquement dans le monde végétal. Aucun produit d'origine animale n'en contient. Pour faire le plein, c'est donc du côté des fruits, des légumes, des légumineuses, des fruits à coque et des céréales complètes qu'il faut regarder.

    Fibres solubles et fibres insolubles : quelle différence ?

    Toutes les fibres ne se ressemblent pas. On les range en deux grandes familles, les fibres solubles et les fibres insolubles, qui agissent différemment et se complètent.

    Les fibres solubles se dissolvent dans l'eau et forment une sorte de gel. Pensez à la texture un peu gélatineuse d'un porridge d'avoine qui a reposé : c'est exactement ça. La pectine (celle qui fait prendre les confitures), les gommes, les mucilages ou encore les bêta-glucanes en font partie. Ce gel ralentit le passage des aliments et freine l'absorption des sucres et des graisses au moment du repas. On les retrouve surtout dans les fruits, les légumes, les légumineuses et l'avoine.

    Les fibres insolubles, elles, ne se dissolvent pas : elles se comportent comme de petites éponges. Au contact de l'eau, elles gonflent et augmentent le volume du contenu intestinal, ce qui stimule mécaniquement les contractions de l'intestin. Cellulose, lignine et hémicellulose sont les plus connues, et elles abondent dans les produits céréaliers complets. Petit bémol : consommées en très grande quantité, les fibres insolubles peuvent devenir irritantes pour les intestins sensibles.

    Fibres solubles Fibres insolubles
    Comportement dans l'eau Se dissolvent, forment un gel Ne se dissolvent pas, gonflent comme une éponge
    Exemples Pectine, gommes, mucilages, bêta-glucanes Cellulose, lignine, hémicellulose
    Où les trouver Fruits, légumes, légumineuses, avoine Produits céréaliers complets, son

    Bon à savoir : inutile de choisir un camp. Une alimentation variée apporte naturellement les deux, et c'est précisément leur complémentarité qui est intéressante.

    D'où viennent les fibres ? Des aliments d'origine végétale

    Puisque les fibres sont exclusivement d'origine végétale, leur teneur dépend beaucoup de la façon dont l'aliment a été transformé. C'est là qu'intervient une distinction décisive : les produits céréaliers complets contre les produits céréaliers raffinés.

    Lors du raffinage, on retire l'enveloppe du grain, le fameux son, qui concentre justement l'essentiel des fibres. Résultat : une farine blanche, un riz blanc ou des pâtes classiques en contiennent bien moins que leurs versions complètes. Le réflexe à avoir est donc simple : à chaque fois que c'est possible, préférez les céréales complètes aux produits raffinés. Le pain complet plutôt que le pain blanc, le riz complet plutôt que le riz blanc, et ainsi de suite. Le gain en fibres est immédiat, sans rien changer à la structure de votre repas.

    Pourquoi les fibres sont importantes dans l'alimentation

    Si les fibres ont si bonne réputation, ce n'est pas un hasard. Leur action se joue sur deux terrains principaux : la digestion et le système cardiovasculaire.

    Les fibres et la santé digestive

    C'est le rôle le plus connu, et le plus documenté.

    Améliorer le transit intestinal

    Tout part du côlon. En fermentant les fibres, les bactéries de notre microbiote intestinal produisent des composés utiles appelés acides gras à chaîne courte. Une revue systématique de Vinelli et ses collègues (2022) a confirmé que les fibres modifient la composition de ce microbiote, même si leur effet sur la production de ces fameux composés varie selon le type et la dose de fibres consommées. Autrement dit, toutes les fibres ne se valent pas, et la régularité de l'apport compte autant que la quantité.

    Côté transit à proprement parler, certaines fibres bénéficient d'allégations de santé reconnues au niveau européen. Par exemple, les fibres d'avoine contribuent à augmenter le volume des selles. Les fibres de son de blé contribuent à accélérer le transit intestinal (l'effet étant obtenu à partir d'environ 10 grammes de fibres de son de blé par jour). Les fibres de seigle contribuent à une fonction intestinale normale, et l'inuline de chicorée contribue elle aussi à une fonction intestinale normale en augmentant la fréquence des selles, pour une consommation de 12 grammes par jour. Pour les fibres prises dans leur ensemble, une vaste revue de synthèse de Mysonhimer et Holscher (2022), qui a passé en revue plus d'une centaine d'essais cliniques, suggère qu'elles pourraient influencer le temps de transit ainsi que la fréquence et la consistance des selles, avec des effets là encore propres à chaque type de fibre.

    Prévenir la constipation

    C'est la suite logique. Quand le transit ralentit, augmenter ses apports en fibres, en parallèle d'une bonne hydratation, fait partie des premiers leviers à actionner. Une synthèse de méta-analyses signée McRae (2020) va dans ce sens : une supplémentation en fibres pourrait aider en cas de constipation, même si l'auteur rappelle honnêtement que les résultats varient d'une étude à l'autre.

    Les fibres insolubles, en gonflant au contact de l'eau, donnent du volume aux selles et facilitent leur progression ; les fibres solubles, en formant un gel, participent à les ramollir. Vous comprenez mieux pourquoi on conseille de jouer sur la variété plutôt que sur un seul type de fibre.

    Les fibres font-elles forcément aller plus souvent à la selle ? Pas nécessairement plus « souvent » pour tout le monde, mais plus confortablement et plus régulièrement, oui, à condition de boire en quantité suffisante. Sans eau, les fibres ne peuvent pas jouer pleinement leur rôle.

    Les fibres et la santé cardiovasculaire

    L'intérêt des fibres ne s'arrête pas au tube digestif. Plusieurs travaux se sont penchés sur leur lien avec le cœur et les vaisseaux.

    Réduire le risque de maladies cardiaques

    Une méta-analyse de Threapleton et ses collègues (2013) a constaté qu'une consommation plus élevée de fibres allait de pair avec un risque plus faible de maladies cardiovasculaires. Une revue de l'ensemble des méta-analyses disponibles, conduite par McRae (2017), pointe dans la même direction, tout en soulignant la variabilité des données. Rien de magique ici : ces effets s'inscrivent dans le cadre d'une alimentation riche en fibres et globalement équilibrée, pas dans la consommation isolée d'un aliment miracle.

    Contrôler son cholestérol

    C'est sans doute le bienfait cardiovasculaire le mieux établi. Les bêta-glucanes, des fibres solubles présentes dans l'avoine et l'orge, contribuent au maintien d'une cholestérolémie normale : il s'agit d'une allégation de santé autorisée, dont l'effet bénéfique est obtenu avec 3 grammes de bêta-glucanes par jour. D'autres fibres solubles partagent cette propriété reconnue, comme les pectines (pour 6 grammes par jour) ou le glucomannane (4 grammes par jour).

    Le saviez-vous ? Ces mêmes fibres solubles ont un second atout au moment du repas : la consommation de bêta-glucanes d'avoine ou d'orge, comme celle de pectines, contribue à atténuer la hausse de la glycémie après le repas. Le gel qu'elles forment ralentit l'arrivée des sucres dans le sang, ce qui limite les pics de glycémie.

    Les aliments riches en fibres à consommer

    Place au concret. Voici, valeurs de la table Ciqual de l'Anses à l'appui, les aliments riches en fibres sur lesquels miser. Petit repère utile fixé par la réglementation : un aliment est dit « source de fibres » dès 3 grammes pour 100 grammes, et « riche en fibres » à partir de 6 grammes pour 100 grammes.

    Aliment Fibres (g/100 g) Famille
    Son d'avoine 16,7 Produit céréalier
    Amande (avec peau) 12,5 Fruit à coque
    Flocons d'avoine 10,2 Céréale complète
    Figue séchée 9,7 Fruit sec
    Abricot sec 8,3 Fruit sec
    Pois chiches (cuits) 8,2 Légume sec
    Lentilles (cuites) 7,9 Légume sec
    Quinoa (cru) 7,0 Céréale complète
    Pain complet 6,9 Produit céréalier
    Cassis 5,8 Fruit frais
    Mûre 5,2 Fruit frais
    Groseille 4,6 Fruit frais
    Framboise 4,3 Fruit frais
    Fraise 3,8 Fruit frais
    Épinard (cuit) 3,5 Légume vert
    Pâtes complètes (cuites) 3,3 Produit céréalier
    Brocoli (cuit) 3,0 Légume vert
    Myrtille 2,4 Fruit frais
    Pomme (pulpe et peau) 1,4 Fruit frais

    À retenir : la cuisson et la teneur en eau changent la donne. Les légumes secs et l'avoine, peu hydratés, affichent des teneurs élevées ; un fruit frais, gorgé d'eau, en contient mécaniquement moins au poids, ce qui ne l'empêche pas d'être un excellent apport au quotidien.

    Les fruits riches en fibres

    Fruits secs : abricots et figues en tête

    Parce qu'on en a retiré l'eau, les fruits secs concentrent leurs fibres. La figue séchée (9,7 g) et l'abricot sec (8,3 g) figurent parmi les fruits les plus riches en fibres, et se glissent facilement dans un yaourt, un porridge ou une poignée d'en-cas. Les raisins secs jouent dans la même catégorie. Un conseil tout de même : leur richesse en sucres invite à les consommer en quantités raisonnables.

    Fruits frais : pommes et baies

    Côté fruits frais, les baies sont les championnes : cassis (5,8 g), mûre (5,2 g), groseille (4,6 g) et framboise (4,3 g) tiennent le haut du panier, suivies de la fraise (3,8 g) et de la myrtille (2,4 g). La pomme, elle, est plus modeste au compteur (autour de 1,4 à 2,5 g selon la variété et qu'on la mange avec ou sans peau), mais son intérêt tient surtout à sa pectine, une fibre soluble. Manger la pomme avec sa peau permet d'en conserver davantage.

    Les légumes riches en fibres

    Les légumes verts : épinards et brocoli

    Les légumes verts apportent des fibres tout en restant légers. L'épinard cuit (3,5 g) et le brocoli cuit (3,0 g) sont tous deux des sources intéressantes de fibres, faciles à intégrer en accompagnement, en poêlée ou en gratin. Leur atout : on peut en manger de bons volumes sans alourdir le repas.

    Les légumes secs, championnes discrètes

    C'est probablement la catégorie la plus sous-estimée. Les légumineuses comme les pois chiches (8,2 g) et les lentilles (7,9 g) comptent parmi les aliments les plus riches en fibres, une fois cuits qui plus est. Houmous, dahls, salades de lentilles, soupes : les façons de les cuisiner ne manquent pas. Le Programme National Nutrition Santé recommande d'ailleurs d'en consommer une à deux fois par semaine, un objectif tout à fait atteignable.

    Les céréales et produits céréaliers

    Les céréales complètes : quinoa et avoine

    Du côté des céréales complètes, le quinoa (7 g cru, environ 3,8 g une fois cuit) et l'avoine s'imposent. L'avoine mérite une mention spéciale : ses flocons affichent 10,2 g de fibres pour 100 g, et le son d'avoine grimpe à 16,7 g. C'est aussi l'une des principales sources de ces bêta-glucanes évoqués plus haut, ces fibres solubles qui contribuent au maintien d'une cholestérolémie normale. De quoi faire du bol de porridge matinal un allié de poids.

    Les produits céréaliers : pain complet et pâtes complètes

    Sans surprise, mieux vaut viser les versions complètes. Le pain complet (6,9 g) est riche en fibres, là où le pain blanc en contient bien moins. Les pâtes complètes suivent la même logique : environ 3,3 g de fibres une fois cuites, soit nettement plus que des pâtes raffinées. Le principe reste valable pour l'ensemble des produits céréaliers complets : à recette équivalente, ils font grimper la teneur en fibres de votre assiette sans effort.

    Quels aliments contiennent des fibres au-delà de cette liste ? Beaucoup d'autres, en réalité : les fruits à coque comme les amandes (12,5 g) et les noix, le chocolat noir, les artichauts, les châtaignes… Varier les sources reste la meilleure stratégie pour profiter à la fois des fibres solubles et insolubles.

    Conseils pratiques pour augmenter l'apport en fibres

    Connaître les bons aliments, c'est une chose. Les intégrer durablement, c'en est une autre. Voici comment passer à l'action sans bouleverser vos habitudes.

    Intégrer les fibres dans les repas quotidiens

    La logique du Programme National Nutrition Santé tient en quelques gestes simples : au moins 5 portions de fruits et légumes par jour, des légumes secs une à deux fois par semaine, des céréales complètes plutôt que raffinées, et une poignée de graines ou de fruits à coque pour relever le tout.

    Ajouter des légumes à vos plats

    Le plus facile, c'est souvent d'ajouter plutôt que de remplacer. Une salade composée riche en fibres, base de légumes verts, une louche de pois chiches ou de lentilles, quelques amandes ou noix concassées, une cuillère de graines, transforme une entrée banale en véritable concentré de fibres. Une soupe ou un velouté de légumes fonctionne tout aussi bien, en particulier le soir, et permet d'écouler les légumes qui patientent dans le bac du réfrigérateur.

    Miser sur des collations rassasiantes

    Les en-cas sont une occasion en or. Plutôt qu'un produit raffiné, un fruit accompagné de quelques fruits à coque (amandes, noix) apporte des fibres tout en calant la faim. Une barre de céréales complètes peut dépanner, à condition de vérifier l'étiquette : on cherche de vraies céréales complètes et un minimum de sucres ajoutés. L'association fibres et croquant, c'est aussi ce qui rend la collation agréable.

    Augmenter progressivement, sans brusquer son intestin

    Voici le point que l'on oublie le plus souvent, et c'est dommage car il fait toute la différence sur le confort.

    Boire suffisamment

    Les fibres ont besoin d'eau pour agir : sans hydratation suffisante, elles ne peuvent pas remplir leur rôle, et peuvent même accentuer l'inconfort. Comptez environ 1,5 à 2 litres de liquides par jour, eau bien sûr, mais aussi tisanes, potages et autres boissons non sucrées. C'est l'eau qui permet aux fibres solubles de former leur gel et aux fibres insolubles de gonfler correctement.

    Écouter son corps (et demander conseil si besoin)

    Si vous consommiez peu de fibres jusqu'ici, augmentez vos apports progressivement plutôt que tout d'un coup. Une hausse trop brutale peut s'accompagner d'effets indésirables passagers comme des ballonnements ou des gaz, le temps que l'organisme et le microbiote intestinal s'adaptent. En augmentant par paliers sur quelques semaines, on laisse à son corps le temps de s'habituer.

    Trop de fibres, est-ce dangereux ? Pour la grande majorité des gens, non : le risque tient surtout à l'inconfort digestif d'un excès soudain, pas à un danger en soi. Chacun a son propre seuil de tolérance, alors adaptez la quantité à votre ressenti. Et en cas de troubles digestifs persistants, de pathologie intestinale ou de doute, le bon réflexe reste de demander conseil à un professionnel de santé, qui pourra personnaliser les recommandations selon votre situation.

    Sources

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