Origine et description de la plante
La mélisse (Melissa officinalis L.), aussi appelée « citronnelle » dans certaines régions de France, appartient à la grande famille des Lamiacées, la même que la menthe, le thym ou le romarin. On la trouve à l'état sauvage dans tout le bassin méditerranéen oriental et en Asie de l'Ouest, mais elle pousse aujourd'hui un peu partout dans les jardins européens.
Sa réputation en phytothérapie ne date pas d'hier. Les médecins de l'Antiquité comme Dioscoride la prescrivaient déjà pour calmer les nerfs et apaiser l'estomac. Au Moyen Âge, c'était l'une des plantes médicinales star de l'herboristerie monastique, présente dans la fameuse « Eau de Mélisse des Carmes »
🌿 Carte d'identité de la mélisse
- Nom latin : Melissa officinalis L.
- Famille : Lamiacées (même famille que la menthe et le thym).
- Parties utilisées : Feuilles (fraîches ou séchées).
- Origine : Bassin méditerranéen oriental, Asie de l'Ouest.
- Marqueur qualité : Acide rosmarinique (min. 1 % en feuille séchée selon la Pharmacopée européenne).
- Contre-indications et effets indésirables de la mélisse
- Propriétés et bienfaits de la mélisse
- Recommandations d'utilisation de la mélisse
Contre-indications et effets indésirables de la mélisse
Interaction avec des médicaments
Concrètement, si vous prenez des somnifères, des anxiolytiques (type benzodiazépines), des antidépresseurs ou des neuroleptiques, la mélisse peut amplifier leurs effets sédatifs. Ce n'est pas anodin. Imaginez que vous prenez déjà un comprimé pour dormir le soir : rajouter une grosse tisane de mélisse par-dessus, c'est un peu comme appuyer deux fois sur le bouton « ralentir » de votre cerveau. La somnolence peut devenir excessive, la vigilance chuter… et conduire dans cet état devient dangereux.
L'autre catégorie de médicaments à surveiller, ce sont les traitements thyroïdiens. On en parle juste après dans les contre-indications spécifiques, mais retenez déjà ceci : si vous êtes sous lévothyroxine, la mélisse pourrait contrecarrer l'action de votre traitement.
Un dernier point, plus rarement évoqué : El Haouari et Rosado (2016), ont noté que les plantes de la famille des Lamiacées (celle de la mélisse) possèderaient des propriétés antiplaquettaires. Ce qui signifie qu'il existe un risque théorique de saignement chez les personnes qui prennent des anticoagulants comme la warfarine. Aucune interaction clinique directe n'a été rapportée à ce jour sur la mélisse en particulier, mais la prudence reste de mise.
Si vous prenez un traitement médicamenteux agissant sur le système nerveux central ou sur la thyroïde, demandez systématiquement l'avis d'un professionnel de santé avant de consommer de la mélisse, que ce soit en tisane, en infusion, en compléments alimentaires ou en huile essentielle.
| Catégorie de médicaments | Risque identifié | Niveau de preuve |
| Somnifères, benzodiazépines | Sédation excessive, baisse de vigilance | Pharmacologiquement cohérent avec les études cliniques |
| Antidépresseurs (ISRS, IMAO) | Interaction sérotoninergique potentielle | In vitro — inhibition MAO-A (Kara et coll., 2024) |
| Lévothyroxine | Diminution de l'efficacité du traitement | In vitro et études animales |
| Anticoagulants (warfarine) | Risque théorique de saignement | Données sur la famille des Lamiacées (El Haouari et Rosado, 2016) |
| Opiacés, codéine, tramadol | Amplification de l'effet sédatif | Usage traditionnel documenté |
Contre-indications spécifiques
Au-delà des interactions médicamenteuses, il existe des contre-indications liées au profil de la personne elle-même. Et c'est souvent là que ça coince, parce que beaucoup de gens considèrent la mélisse (Melissa officinalis) comme une « simple plante » sans conséquence. C'est vrai dans la grande majorité des cas, mais pas pour tout le monde.
| Situation | Recommandation |
| Hypothyroïdie | Contre-indiquée — risque de réduire davantage la fonction thyroïdienne |
| Thyroïdite de Hashimoto | Extrême prudence — risque d'aggraver l'état hypothyroïdien |
| Maladie de Graves-Basedow | Usage uniquement sous supervision médicale |
| Femmes enceintes et allaitantes | Déconseillée — aucune étude de toxicité reproductive (monographie EMA 2013) |
| Enfants de moins de 12 ans | Données insuffisantes (monographie EMA 2013) |
Côté effets indésirables, la bonne nouvelle, c'est que la mélisse est globalement bien tolérée. La Melissa officinalis est d'ailleurs classée GRAS (Generally Recognized As Safe) par la FDA américaine, ce qui confirme un bon profil de sécurité dans le cadre d'un usage normal.
Dernier détail souvent oublié : les tanins contenus dans les feuilles de mélisse. Comme dans le thé classique, ces polyphénols peuvent se lier au fer non héminique (celui qu'on trouve dans les végétaux et les compléments alimentaires) et réduire son absorption par l'organisme.
Notre complexe sommeil est un mélange synergique de 1,9 mg de mélatonine à action rapide et de 3 plantes apaisantes. Cette combinaison permet un endormissement rapide et un sommeil sain. Notre complexe sommeil convient à une alimentation vegan, sans gluten, halal et casher.
Propriétés et bienfaits de la mélisse
Les bienfaits de la mélisse s'expliquent par un cocktail de principes actifs assez remarquable. Le plus étudié d'entre eux, c'est l'acide rosmarinique, un composé phénolique qui représente environ 1,5 % de la masse de la feuille sèche. La Pharmacopée européenne l'utilise d'ailleurs comme marqueur de qualité : en dessous d'un certain seuil, votre mélisse est de mauvaise qualité, tout simplement. Mais l'acide rosmarinique n'agit pas seul.
On retrouve aussi toute une palette de flavonoïdes, dont l'apigénine, la lutéoline et la quercétine, ainsi que des acides phénoliques (caféique, chlorogénique), des composés de l'huile essentielle comme le citral (qui donne cette fameuse odeur citronnée, et qui compose 50 à 70 % de l'huile essentielle) et des triterpénoïdes comme les acides ursolique et oléanolique. Le tout forme un arsenal pharmacologique que la recherche moderne a commencé à décortiquer sérieusement.
Principaux principes actifs de la mélisse et leurs rôles
| Principe actif | Famille chimique | Rôle principal |
| Acide rosmarinique | Acide phénolique | Anxiolytique, antioxydant, anti-thyroïdien (in vitro) |
| Apigénine | Flavonoïde | Se fixe sur les récepteurs GABA du cerveau (effet calmant) |
| Citral (géranial + néral) | Huile essentielle | Responsable de l'odeur citronnée, propriétés relaxantes |
| Acide ursolique | Triterpénoïde | Augmenterait l'affinité des récepteurs GABA-A |
| Tanins | Polyphénols | Propriétés antioxydantes, fixation du fer (précaution) |
Usage de la mélisse en tisane et en infusion
Préparation et consommation
Préparer une tisane de mélisse, c'est simple, mais il y a quand même deux-trois choses à savoir pour ne pas gâcher ses principes actifs. Le piège classique, c'est de laisser la tasse ouverte pendant l'infusion. Les composés de l'huile essentielle de la mélisse (le citral, le citronellal…) sont volatils : si vous ne couvrez pas votre tasse, une bonne partie de ces molécules s'évapore avec la vapeur. Résultat, votre infusion perd en efficacité.
1. Dosez entre 1,5 et 4,5 g de feuilles séchées pour 150 mL d'eau (soit environ 1 à 3 cuillères à café selon la coupe). 2. Versez de l'eau bouillante (93-100 °C) directement sur les feuilles. 3. Couvrez immédiatement (soucoupe, couvercle…) et laissez infuser 5 à 10 minutes. 4. Filtrez et buvez. Vous pouvez boire 1 à 3 tasses par jour.
Ce que disent les autorités sur le dosage de la mélisse en tisane
| Source officielle | Dose par tasse | Fréquence |
| EMA (2013) | 1,5 à 4,5 g / 150 mL | 1 à 3 fois par jour |
| ESCOP (2013) | 2 à 3 g | 2 à 3 fois par jour |
| OMS (2002) | 1,5 à 4,5 g | Plusieurs fois/jour si besoin |
| Commission E (Allemagne) | 1,5 à 4,5 g | Plusieurs fois/jour |
| Pharmacopée britannique | 2 à 4 g | 3 fois par jour |
Vous le voyez : que l'on regarde du côté de l'EMA, de l'OMS ou de l'ESCOP, tout le monde tourne autour de la même fourchette de 1,5 à 4,5 g de feuilles séchées par tasse. La monographie de l'EMA précise que cet usage est réservé aux adultes et adolescents de plus de 12 ans. Et si vos symptômes persistent au-delà de deux semaines, il est temps de consulter un professionnel de santé plutôt que de tripler les doses.
Pour ceux qui préfèrent les gélules ou les extraits concentrés, les études cliniques ont utilisé des extraits standardisés à raison de 300 à 600 mg par jour. L'EMA mentionne aussi l'extrait liquide (1:1 dans éthanol 45 %) à raison de 2 à 4 mL, 1 à 3 fois par jour, et la teinture (1:5 dans éthanol 45 %) de 2 à 6 mL, 1 à 3 fois par jour.
Effets sur le sommeil et le stress
La mélisse favorise la détente et contribue à un sommeil sain. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle on retrouve cette plante dans énormément de compléments dédiés au sommeil et au stress, souvent associée à la valériane ou à la camomille comme dans notre complexe sommeil. Mais qu'en dit précisément la recherche ?
Sur l'anxiété, les résultats sont plutôt solides. La méta-analyse de Ghazizadeh et coll. (2021) a démontré que la mélisse améliore significativement les scores d'anxiété, particulièrement dans un contexte aigu, selon les auteurs. L'essai clinique randomisé de Safari et coll. (2023), a confirmé une réduction significative de l'anxiété et de la dépression (700 mg/jour pendant 12 semaines chez des patients diabétiques de type 2).
Contrairement à l'anxiété, il n'existe aucune méta-analyse dédiée au sommeil pour la mélisse. Les résultats varient d'une étude à l'autre. Di Pierro et coll. (2024) dans Nutrients ont trouvé une amélioration significative de l'insomnie avec une formulation Phytosome™ (87 % d'amélioration vs 30 % sous placebo), tandis que Safari et coll. (2023) n'ont observé aucune différence sur la qualité du sommeil chez des patients diabétiques. La revue de Ghasemzadeh Rahbardar et Hosseinzadeh (2024) conclut que la mélisse montre un « potentiel » pour le sommeil, mais pointe des « incohérences entre les résultats ».
Autrement dit, si vous cherchez une plante pour mieux dormir, la mélisse aide à diminuer la tension nerveuse et l'agitation, ce qui peut faciliter l'endormissement de manière indirecte.
Mais si vous souffrez d'une insomnie installée, il est probablement plus judicieux de la combiner à d'autres ingrédients reconnus pour leur action sur le sommeil. C'est d'ailleurs la logique qui sous-tend la formulation de compléments comme notre Complexe Sommeil, qui associe 200 mg de mélisse (standardisée à 14 mg d'acide rosmarinique) à de la valériane (300 mg), de la camomille (100 mg, apportant 3 mg d'apigénine) et de la mélatonine (1,9 mg). La mélatonine contribue à réduire le temps d'endormissement, tandis que la mélisse et la valériane apportent leur effet relaxant complémentaire.
→ La mélisse contribue à la relaxation optimale et aide à diminuer la tension nerveuse (allégation autorisée)
→ Sur l'anxiété, une méta-analyse de 10 essais cliniques montre des résultats encourageants (Ghazizadeh et coll., 2021)
→ Sur le sommeil, les preuves restent incohérentes selon les études — la biodisponibilité de l'extrait jouerait un rôle clé
→ L'association mélisse + valériane + camomille + mélatonine pourrait être plus efficace que la mélisse seule
Recommandations d'utilisation de la mélisse
Précautions à prendre
Premier réflexe : vérifiez la qualité de votre mélisse. Que vous achetiez des feuilles séchées en vrac ou des compléments alimentaires en gélules, le marqueur à regarder, c'est la teneur en acide rosmarinique.
Un produit qui ne mentionne pas cette information sur son étiquette, c'est un produit dont vous ne pouvez pas évaluer la qualité. Dans notre Complexe Sommeil, par exemple, les 200 mg d'extrait de mélisse apportent 14 mg d'acide rosmarinique, soit un titrage de 7 %. Ce complexe associe aussi de la valériane (300 mg), de la camomille (100 mg, avec 3 mg d'apigénine) et 1,9 mg de mélatonine.
Deuxième point : la question de la durée. Aucune monographie officielle n'impose de durée maximale de prise. La recommandation de l'EMA de consulter un professionnel de santé si les symptômes persistent au-delà de 2 semaines est souvent mal comprise. C'est une invitation à vérifier que votre stress, votre anxiété ou vos troubles digestifs ne cachent pas un problème médical plus sérieux, pas une limite de cure. Les études cliniques ont utilisé la mélisse pendant des périodes allant de 15 jours à 12 semaines sans problème de sécurité.
Troisième point : le moment de la prise. Pour soulager le stress et l'anxiété, la mélisse peut se prendre à n'importe quel moment de la journée. Si l'objectif est de favoriser un sommeil réparateur, privilégiez une prise en fin de journée, une cuillère à soupe de feuilles de mélisse en infusion vers 17h ou avant le repas du soir, ou vos gélules environ 30 minutes avant le coucher.
⚠️ Précautions à ne jamais oublier
- Ne combinez pas la mélisse avec des médicaments sédatifs ou des traitements thyroïdiens sans avis médical
- Évitez de prendre le volant juste après une prise importante (risque de baisse de vigilance à partir de 600 mg)
- Si vous souffrez de carence en fer, espacez la tisane de mélisse de vos compléments alimentaires en fer d'au moins 2 heures
- La mélisse est déconseillée aux femmes enceintes, allaitantes et aux enfants de moins de 12 ans
- En cas de doute, demandez l'avis d'un professionnel de santé
- Di Pierro, F., Sisti, M., et al. (2024). Effects of Melissa officinalis Phytosome on Sleep Quality: Results of a Prospective, Double-Blind, Placebo-Controlled, and Cross-Over Study. Nutrients, 16(23), 4199.
- El Haouari, M., & Rosado, J. A. (2016). Medicinal plants with antiplatelet activity. Phytotherapy Research, 30(7), 1059–1071.
- European Medicines Agency (EMA). (2013). Community herbal monograph on Melissa officinalis L., folium. EMA/HMPC/196745/2012.
- Ghasemzadeh Rahbardar, M., & Hosseinzadeh, H. (2024). Therapeutic potential of hypnotic herbal medicines: A comprehensive review. Phytotherapy Research, 38(6), 3037–3059.
- Ghazizadeh, J., Sadigh-Eteghad, S., Marx, W., et al. (2021). The effects of lemon balm (Melissa officinalis L.) on depression and anxiety in clinical trials: A systematic review and meta-analysis. Phytotherapy Research, 35(12), 6690–6705.
- Kara, M., Sahin, S., Rabbani, F., et al. (2024). An in vitro analysis of an innovative standardized phospholipid carrier-based Melissa officinalis L. extract as a potential neuromodulator for emotional distress and related conditions. Frontiers in Molecular Biosciences, 11, 1359177.
- Safari, M., Asadi, A., Aryaeian, N., et al. (2023). The effects of Melissa officinalis on depression and anxiety in type 2 diabetes patients with depression: a randomized double-blinded placebo-controlled clinical trial. BMC Complementary Medicine and Therapies, 23(1), 140.





































