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Boswellia et arthrose : Quel lien entre les deux ?

Boswellia et arthrose : Quel lien entre les deux ?
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Ce qu'il faut retenir :
  • Le boswellia, particulièrement le Boswellia serrata, est étudié pour son potentiel à soutenir le confort articulaire.
  • Ses principaux composés actifs, les acides boswelliques (notamment AKBA), contribueraient à moduler les mécanismes inflammatoires associés à l'arthrose, sans cibler les mêmes voies que les AINS traditionnels.
  • Des études suggèrent qu'une supplémentation régulière en extraits standardisés de boswellia, à des dosages précis et sur plusieurs semaines, pourrait aider à réduire la douleur, la raideur et à améliorer la mobilité articulaire.

L’arthrose avance souvent à bas bruit. Une gêne au réveil, une raideur qui s’installe, une articulation qui devient moins souple qu’avant. Progressivement, la douleur s’invite dans le quotidien. Face à cette réalité très concrète, beaucoup cherchent des solutions complémentaires, perçues comme plus progressives, mieux tolérées, et compatibles avec une prise en charge au long cours. C’est dans ce contexte que le boswellia attire l’attention. Plante issue d’une tradition ancienne, mais aujourd’hui largement étudiée, elle occupe une place singulière dans les discussions autour de l’arthrose.

Qu’est-ce que le boswellia ?

Le boswellia désigne une résine végétale extraite de l’écorce de certains arbres appartenant à la famille des Burseraceae. L’espèce la plus étudiée pour la santé articulaire est Boswellia serrata, parfois appelée encens indien. Après incision du tronc, l’arbre libère une oléo-gomme-résine, récoltée puis séchée avant d’être transformée en extrait.

Dans les médecines traditionnelles, notamment ayurvédique, cette résine est utilisée depuis des siècles pour accompagner les affections inflammatoires chroniques, en particulier celles touchant les articulations. Ce qui intéresse aujourd’hui la recherche moderne, ce n’est pas tant l’usage traditionnel en lui-même que la composition chimique précise de cette résine et la manière dont certains de ses constituants interagissent avec les mécanismes biologiques impliqués dans l’arthrose.

Importance de l’arthrose dans la santé articulaire

L’arthrose est une maladie articulaire dégénérative caractérisée par une dégradation progressive du cartilage, un remodelage de l’os sous-chondral et une inflammation locale plus ou moins marquée. Lorsque le cartilage s’amincit, l’articulation perd son rôle d’amortisseur. Le mouvement devient moins fluide, parfois douloureux, et la mobilité peut diminuer.

Cette pathologie concerne principalement les genoux, les hanches, la colonne vertébrale ou encore les mains. Elle n’est pas qu’une question d’âge : le surpoids, les sollicitations mécaniques répétées, certaines prédispositions ou d’anciennes blessures articulaires jouent un rôle important.

Propriétés et bienfaits du boswellia serrata

Si le boswellia suscite autant d’intérêt dans le champ de l’arthrose, ce n’est pas par hasard. Sa résine contient des composés spécifiques, étudiés pour leur interaction avec plusieurs voies impliquées dans l’inflammation articulaire et la dégradation du cartilage.

Composés actifs du boswellia

La résine de Boswellia serrata est une matrice complexe composée de résines, de polysaccharides et d’une fraction lipidique. Mais ce sont surtout certains triterpènes pentacycliques qui concentrent l’attention de la recherche.

Les acides boswelliques

Les acides boswelliques sont considérés comme les principaux marqueurs d’activité du boswellia. Parmi eux figurent notamment :

  • l’acide β-boswellique,
  • l’acide 11-céto-β-boswellique (KBA)
  • et l’acide acétyl-11-céto-β-boswellique, plus connu sous le nom AKBA.

Ce dernier est souvent présenté comme le plus étudié, car il interagit directement avec des enzymes clés de l’inflammation.

Actions anti-inflammatoires

🧪 Mécanisme 5-LOX
Des travaux scientifiques ont montré que certains acides boswelliques, notamment l’AKBA, peuvent freiner l’activité d’une enzyme appelée 5-lipoxygénase (5-LOX), impliquée dans la production des leucotriènes, des substances connues pour entretenir l’inflammation. (Safayhi et al., 1992 ; Safayhi et al., 1995).

Contrairement aux anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), qui agissent principalement sur la voie des cyclo-oxygénases (COX), les extraits standardisés de boswellia ciblent une voie biologique différente.

Cette spécificité explique l’attention portée à leur profil de tolérance dans les études cliniques, notamment lors d’utilisations prolongées chez des personnes souffrant d’arthrose.

Par ailleurs, plusieurs études rapportent une modulation de facteurs impliqués dans la dégradation du cartilage, en particulier certaines enzymes connues pour participer à la dégradation du collagène et de la matrice cartilagineuse.

Des travaux cliniques récents ont également observé une diminution de biomarqueurs associés à la dégradation du cartilage, comme le CTX-II ou la MMP-3, chez des sujets supplémentés avec des extraits spécifiques de boswellia (Kumar et al., 2024).

Bienfaits pour les douleurs articulaires

Dans le contexte de l’arthrose, le boswellia est principalement étudié pour son rôle potentiel dans le confort articulaire et la souplesse des articulations, en particulier au niveau du genou, articulation fréquemment touchée. Les données cliniques disponibles suggèrent qu’une supplémentation en extraits standardisés de Boswellia serrata pourrait être associée à une diminution des douleurs articulaires, à une réduction de la raideur et à une amélioration de la mobilité fonctionnelle, chez des personnes présentant une arthrose légère à modérée.

Ces observations reposent sur plusieurs essais cliniques contrôlés. Dès 2003, l’étude de Kimmatkar et al. a montré qu’après plusieurs semaines de supplémentation, les participants recevant un extrait de boswellia présentaient une amélioration significative de la douleur et de la fonction articulaire par rapport au placebo.

📊 Évolutions des Scores de Douleur
Des travaux ultérieurs, utilisant des extraits enrichis en acides boswelliques, ont rapporté des évolutions favorables des scores de douleur (VAS) et de fonction articulaire (WOMAC), parfois observées dès les premières semaines de supplémentation (Majeed et al., 2024).

Et plus récemment, une étude intégrant une évaluation par IRM a observé, chez des sujets supplémentés pendant plusieurs mois, des modifications favorables de paramètres structuraux du cartilage, comparativement au placebo (Kumar et al., 2024). Ces résultats concernent toutefois des formulations précises, à des dosages strictement encadrés, et des populations bien définies.

A retenir : À ce stade, les données disponibles permettent donc d’indiquer que le boswellia est étudié pour son rôle potentiel dans la prise en charge du confort articulaire associé à l’arthrose, avec des résultats jugés prometteurs dans la littérature scientifique. Ces effets semblent toutefois étroitement dépendants de la qualité de l’extrait, de sa standardisation en acides boswelliques, et du respect des doses évaluées dans les études, ce qui constitue un point clé pour toute approche raisonnée et responsable.

Posologie et formes de consommation

La question du dosage et de la forme du boswellia est loin d’être secondaire. Les données cliniques disponibles montrent clairement que les effets observés dépendent étroitement de la standardisation de l’extrait, de sa teneur en acides boswelliques, et du respect des quantités évaluées dans les études. Autrement dit, toutes les formes de boswellia ne se valent pas, et la prudence s’impose lorsqu’on parle de posologie.

Dosage recommandé

⚖️ Dosage Standardisé
Dans les essais cliniques menés chez des personnes souffrant d’arthrose, les doses étudiées se situent généralement entre 100 et jusqu’à 600 mg par jour d’extraits standardisés de Boswellia serrata, enrichis en acides boswelliques, notamment en AKBA.

Ces dosages correspondent à des extraits concentrés, très différents de la résine brute ou des poudres peu standardisées.

Les études les plus récentes soulignent que ce n’est pas la quantité de plante en tant que telle qui importe, mais bien la concentration effective en composés actifs, ce qui explique les écarts parfois importants entre produits.

Conseils pour une consommation efficace

L’efficacité potentielle du boswellia ne repose pas uniquement sur le dosage affiché. Elle dépend aussi de la régularité de la prise, de la durée de la supplémentation et de la qualité de l’extrait utilisé.

Fréquence de prise

Dans les protocoles cliniques, le boswellia est le plus souvent pris quotidiennement, en une ou deux prises réparties dans la journée. Cette régularité vise à maintenir une exposition constante aux acides boswelliques, dont l’action est étudiée dans le cadre d’une modulation progressive des mécanismes inflammatoires. Les effets rapportés dans les études apparaissent généralement après plusieurs semaines, même si certaines formulations spécifiques ont montré des évolutions plus précoces.

Combinaisons avec d’autres remèdes

Certaines études ont évalué le boswellia en association avec d’autres actifs utilisés dans le contexte articulaire, comme la glucosamine ou la curcumine. Ces travaux suggèrent que ces combinaisons pourraient agir de manière complémentaire, en ciblant différentes voies biologiques impliquées dans l’arthrose.

Contre-indications et effets secondaires

Même si le boswellia présente, dans les études, un profil de tolérance globalement favorable, il reste un extrait végétal concentré, doté d’une activité biologique réelle. À ce titre, certaines précautions s’imposent.

Risques associés à la consommation de boswellia

Dans les essais cliniques, les effets indésirables rapportés sont généralement légers et transitoires, le plus souvent digestifs (gêne abdominale, nausées). Les données disponibles indiquent un risque comparable à celui du placebo lorsque les dosages étudiés sont respectés.

En revanche, des cas isolés de surdosage volontaire ont été décrits dans la littérature, rappelant que le boswellia ne doit pas être consommé à des doses excessives ou de manière anarchique.

Interactions médicamenteuses

Les données cliniques sur les interactions médicamenteuses restent limitées. Par principe de précaution, une vigilance est recommandée chez les personnes sous traitement chronique, en particulier lorsqu’il s’agit de traitements agissant sur l’inflammation ou le système immunitaire.

Dans ce contexte, l’avis d’un professionnel de santé est indispensable avant toute supplémentation.

Précautions à prendre

Le boswellia est généralement déconseillé chez la femme enceinte ou allaitante, par manque de données spécifiques. De même, les personnes présentant des pathologies particulières ou suivant un traitement médical doivent éviter l’automédication.
Comme pour tout complément alimentaire, le respect des posologies indiquées et la qualité du produit constituent des points clés d’une utilisation responsable.

FAQ

Sources

En lire plus

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