La question revient souvent, parfois avec une pointe d’espoir, parfois avec de la méfiance : une plante utilisée depuis des millénaires peut-elle réellement avoir un intérêt lorsque l’on parle d’hypertension ? Le Boswellia serrata, connu avant tout pour ses usages articulaires, se retrouve aujourd’hui au cœur de discussions plus larges autour de la santé cardiovasculaire, de l’inflammation chronique et du terrain métabolique. L’enjeu est de comprendre ce que cette résine fait réellement, comment elle agit, et dans quels cadres elle pourrait, selon les données disponibles, présenter un intérêt indirect. C’est précisément ce que nous allons explorer.
- Origine et utilisation traditionnelle
- Boswellia et hypertension : une relation à explorer
- Compléments alimentaires et supplémentation en Boswellia
Origine et utilisation traditionnelle
Le Boswellia serrata est un arbre qui pousse dans des régions sèches et montagneuses, principalement en Inde, mais aussi dans certaines zones d’Afrique et du Moyen-Orient. Son environnement est rude : peu d’eau, des sols pauvres, des températures élevées. Pour survivre, l’arbre produit une résine épaisse, extraite naturellement lorsque l’écorce est incisée. Cette résine, une fois durcie à l’air libre, forme des larmes translucides connues sous le nom d’encens indien ou Salai Guggul.
Depuis des millénaires, cette résine est utilisée dans différents systèmes médicaux traditionnels. Dans l’Antiquité, elle était brûlée lors de rites religieux, mais aussi administrée sous forme de préparations destinées à apaiser des douleurs chroniques, des troubles digestifs ou des affections respiratoires.
Propriétés médicinales de la résine
Si le Boswellia suscite encore l’intérêt de la recherche actuelle, ce n’est pas par tradition, mais en raison de la composition chimique très spécifique de sa résine. Celle-ci contient plusieurs familles de composés, mais les plus étudiés sont les acides boswelliques, des triterpènes pentacycliques naturellement présents dans la fraction résineuse.
Parmi eux, certains composés comme l’acide 11-céto-β-boswellique (KBA) et surtout l’acide acétyl-11-céto-β-boswellique (AKBA) sont au centre de nombreuses publications.
Boswellia et hypertension : une relation à explorer
Mécanismes d’action contre l’hypertension
Lorsque l’on aborde le lien entre Boswellia serrata et hypertension, il faut changer de grille de lecture. Le Boswellia n’est pas un antihypertenseur au sens médical du terme. Il n’agit ni comme un diurétique puissant, ni comme un inhibiteur direct des systèmes de régulation de la pression artérielle. Les données disponibles suggèrent plutôt une action indirecte, via plusieurs mécanismes de fond.
Le premier concerne l’inflammation vasculaire chronique. L’hypertension est aujourd’hui reconnue comme une pathologie associée à une inflammation de bas grade de la paroi des vaisseaux. Les travaux pharmacologiques montrent que les acides boswelliques, en particulier ceux capables d’inhiber la 5-lipoxygénase (5-LOX) et de moduler l’activation du facteur NF-κB, pourraient contribuer à réduire la production de médiateurs inflammatoires impliqués dans le remodelage vasculaire (1).
Un deuxième mécanisme souvent évoqué concerne le stress oxydatif. Des études expérimentales (1) indiquent que certains constituants du Boswellia réduisent la production de radicaux libres et activent des voies de défense antioxydantes, notamment la voie Nrf2. Or, un excès de stress oxydatif altère la fonction de l’endothélium, cette fine couche de cellules qui tapisse l’intérieur des vaisseaux sanguins et joue un rôle clé dans la régulation du tonus vasculaire.
Enfin, des travaux expérimentaux ont mis en évidence une interaction avec la voie eNOS/NO. Une étude menée par Wang et al. (2015) a montré que l’acide β-boswellique pouvait activer l’enzyme eNOS, augmentant la production de monoxyde d’azote (NO) dans des modèles cellulaires et animaux. Le NO est un vasodilatateur physiologique majeur.
A retenir : Ces résultats suggèrent que le Boswellia pourrait aider les vaisseaux sanguins à mieux fonctionner, sans provoquer une dilatation soudaine, mais en soutenant un mécanisme naturel qui est souvent perturbé chez les personnes hypertendues.
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Effets bénéfiques sur le système cardiovasculaire
Sur le plan cardiovasculaire, les effets observés du Boswellia sont surtout décrits comme vasoprotecteurs. Les études précliniques montrent une amélioration de la structure des vaisseaux sanguins, avec amélioration de la vasodilatation, notamment dans des modèles de troubles circulatoires. (3)
Il est également important de mentionner les données concernant le syndrome métabolique. Des études chez l’animal et chez l’humain montrent que la supplémentation en Boswellia est associée à une amélioration du profil lipidique (baisse du cholestérol total, hausse du HDL) et à une meilleure régulation glycémique dans certains contextes (4). Ces paramètres jouent un rôle indirect mais majeur dans l’évolution de l’hypertension sur le long terme.
Attention : aucune étude clinique robuste n’a démontré une baisse directe et significative de la pression artérielle chez les personnes traitées par Boswellia. Les bénéfices potentiels décrits concernent donc le terrain cardiovasculaire, et non le contrôle tensionnel lui-même.
Comparaison avec des médicaments traditionnels
Comparer le Boswellia à des médicaments antihypertenseurs serait une erreur.
Les médicaments classiques (inhibiteurs de l’enzyme de conversion, bêtabloquants, inhibiteurs calciques, diurétiques) agissent sur des cibles précises, avec pour objectif principal de faire baisser la pression artérielle mesurée.
Le Boswellia, lui, agit, lorsqu’il agit, sur des mécanismes de fond : inflammation, stress oxydatif, fonction endothéliale.
A retenir : Il ne s’agit donc ni d’un substitut, ni d’une alternative aux traitements antihypertenseurs. Les données disponibles suggèrent au mieux un rôle complémentaire, dans une approche globale intégrant hygiène de vie, suivi médical et traitement prescrit.
Compléments alimentaires et supplémentation en Boswellia
Formes de supplémentation : gélules et résine
Dans la pratique actuelle, le Boswellia est consommé principalement sous forme de compléments alimentaires, le plus souvent en gélules contenant un extrait de résine. La résine brute, telle qu’utilisée traditionnellement, est aujourd’hui peu employée en Occident en raison de sa variabilité de composition et de sa faible biodisponibilité.
Les extraits utilisés dans les compléments sont généralement standardisés en acides boswelliques, ce qui permet une meilleure reproductibilité des apports. Certaines formulations sont enrichies en composés spécifiques comme l’AKBA, afin d’optimiser la concentration en principes actifs étudiés.
Dosage recommandé et précautions d’usage
Les études cliniques et expérimentales citées dans les sources utilisent des dosages compris, le plus souvent, entre 300 et 900 mg par jour d’extrait standardisé, répartis en une à trois prises. Il est fréquemment recommandé de prendre le Boswellia au cours des repas, car la présence de lipides améliore l’absorption des acides boswelliques.
Dans le cadre de l’hypertension, il est indispensable de rappeler que toute supplémentation doit être envisagée en complément, et non en remplacement d’un traitement médical. Un avis médical est particulièrement important chez les personnes polymédiquées ou présentant des pathologies cardiovasculaires.
Effets secondaires potentiels et interactions avec d’autres traitements
Le profil de tolérance du Boswellia est globalement décrit comme favorable dans les études cliniques. Les effets indésirables rapportés par les consommateurs sont le plus souvent digestifs :
- nausées légères,
- reflux,
- inconfort abdominal ou diarrhée, généralement transitoires.
Des interactions médicamenteuses potentielles ont toutefois été évoquées, notamment avec les anticoagulants oraux.
Enfin, par principe de précaution, l’usage du Boswellia est déconseillé pendant la grossesse et l’allaitement, en l’absence de données suffisantes.
Pour conclure : À ce stade des connaissances, le Boswellia s’inscrit donc comme un complément potentiel, étudié pour son action sur le terrain inflammatoire et métabolique, mais qui ne peut en aucun cas être considéré comme un traitement de l’hypertension.
FAQ
Comment la Boswellia se compare-t-elle à d’autres anti-inflammatoires ?
Est-elle efficace contre l’arthrose et d’autres douleurs articulaires ?
Quel est le meilleur moment pour prendre de la Boswellia ?
- (1)Mahdian, D., Abbaszadeh-Goudarzi, K., Raoofi, A., Dadashizadeh, G., Abroudi, M., Zarepour, E., &... 23(11), 1374–1381. (3) Wang, M., Chen, M., Ding, Y., Zhu, Z., Zhang, Y., Wei, P.,... & Wen, A. (2015). Pretreatment with β-boswellic acid improves blood stasis induced endothelial dysfunction: role of eNOS activation. Scientific Reports, 5(1), 15357. (4) : Ahangarpour, A., Heidari, H., Rauhanen, R. A. A., Pakmehr, S., Shahbazian, H., & Ahmadi, I. (2014). Effect of Boswellia serrata supplementation on blood lipid, hepatic enzymes and fructosamine levels in type 2 diabetic patients. Journal of Diabetes & Metabolic Disorders, 13, 29.






































