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Boswellia Serrata et perte de poids : Une aide ?

Boswellia Serrata et perte de poids : Une aide ?
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Ce qu'il faut retenir :
  • Le Boswellia serrata pourrait contribuer à un meilleur équilibre métabolique, en soutenant une gestion pondérale notamment en cas de dérèglements associés.
  • Des études suggèrent qu'il pourrait aider à moduler des paramètres comme la glycémie, le cholestérol et les triglycérides, et potentiellement influencer positivement la sensation de satiété.
  • Son action anti-inflammatoire reconnue pourrait également avoir un impact indirect sur le métabolisme et le bien-être général.

Perdre du poids ne se résume presque jamais à une simple équation calories dépensées contre calories consommées. Inflammation chronique, dérèglements métaboliques, douleurs articulaires ou encore stress persistant s’entremêlent souvent et freinent les efforts, même lorsque l’alimentation et l’activité physique sont en place. C’est dans ce contexte que le Boswellia serrata, plante ancestrale longtemps cantonnée au confort articulaire, suscite aujourd’hui un intérêt croissant dans la littérature scientifique autour de la gestion pondérale. Non pas comme une solution miracle, mais comme un acteur potentiel de l’équilibre métabolique, à condition d’en comprendre précisément les mécanismes, les limites et les usages.

Qu’est-ce que le Boswellia serrata

Le Boswellia serrata est un arbre résineux dont la réputation traverse les siècles. On l’associe volontiers à l’« encens indien », mais derrière cette image spirituelle se cache une matière première pharmacologiquement active, étudiée aujourd’hui avec les outils de la biologie moderne.

Origine et histoire de la plante

Le Boswellia serrata appartient à la famille des Burseraceae. Il pousse principalement dans des zones arides et montagneuses de l’Inde, mais aussi en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Sa résine, appelée oléo-gomme-résine ou oliban, est récoltée par incision du tronc, selon une technique traditionnelle qui n’a que peu évolué au fil des siècles.

Dans les médecines ayurvédique et unani, le Boswellia est utilisé depuis des millénaires pour accompagner des troubles inflammatoires, digestifs, respiratoires et articulaires. Son nom sanskrit, Gajabhakshya, littéralement « nourriture des éléphants », illustre bien la perception ancienne de cette plante comme symbole de force, de résistance et de vitalité.

Parties et composants du Boswellia

La partie utilisée à des fins nutritionnelles et scientifiques est exclusivement la résine. Celle-ci se compose de trois grandes fractions :

  • une fraction résineuse, la plus active,
  • une fraction volatile (huiles essentielles),
  • et une fraction gommeuse riche en polysaccharides.

Les composés les plus étudiés sont les acides boswelliques, des triterpènes parmi lesquels figurent notamment le KBA et l’AKBA.

Boswellia serrata et perte de poids

Si le Boswellia serrata attire aujourd’hui l’attention dans le champ de la gestion pondérale, ce n’est pas parce qu’il agirait comme un brûleur de graisses classique, mais parce qu’il semble intervenir sur plusieurs déséquilibres métaboliques fréquemment associés au surpoids. La recherche s’est donc intéressée à ses effets sur le métabolisme glucidique et lipidique, ainsi qu’à certains paramètres hormonaux impliqués dans la régulation de l’appétit.

Études sur l’effet du Boswellia sur le métabolisme

Les données les plus solides concernent des populations présentant des troubles métaboliques avérés, en particulier le diabète de type 2.

Une méta-analyse récente regroupant plusieurs essais cliniques a montré que la supplémentation en Boswellia serrata était associée, par rapport au placebo, à une diminution significative de l’hémoglobine glyquée, ainsi qu’à une réduction du cholestérol total, des triglycérides et du LDL (Effect of boswellia supplementation on glycemic markers and lipid profile in type 2 diabetic patients: a systematic review and meta-analysis, Frontiers, 2024).

En clair : Ces résultats suggèrent une amélioration globale du profil métabolique, élément central dans la prise en charge du surpoids lorsque celui-ci s’inscrit dans un contexte d’insulinorésistance.

Du côté des modèles animaux, les données sont plus démonstratives sur le plan pondéral.

Une étude comparative menée par Gomaa et al. sur des rats soumis à un régime riche en graisses a montré qu’un extrait polyphénolique de Boswellia serrata pouvait limiter la prise de poids, avec une efficacité comparable à celle de l’orlistat, un médicament prévu pour la perte de poids.

Comment le Boswellia aide à contrôler l’appétit

L’un des résultats les plus intéressants des travaux précliniques concerne le comportement alimentaire. Dans l’étude de Gomaa et al., les animaux supplémentés en Boswellia serrata ont présenté une diminution significative de la prise alimentaire spontanée, un effet qui n’a pas été observé avec l’orlistat. Cette observation a conduit les chercheurs à s’intéresser aux hormones de la satiété.

⚖️ Régulation de la Satiété
Les résultats montrent une baisse des taux de leptine circulante chez les animaux obèses traités, associée à une augmentation de l’adiponectine. Dans un contexte d’obésité, la leptine est souvent élevée mais inefficace, on parle de résistance à la leptine, ce qui perturbe la sensation de satiété.
La diminution observée pourrait traduire, une potentielle restauration partielle de la sensibilité leptinique, tandis que l’adiponectine est connue pour être inversement corrélée à la masse grasse et associée à une meilleure sensibilité à l’insuline.

Les bienfaits du Boswellia pour la santé

Avant même d’envisager un lien avec la perte de poids, il est indispensable de comprendre sur quels terrains physiologiques le Boswellia agit, et pourquoi ces effets peuvent indirectement influencer la trajectoire pondérale.

Effets anti-inflammatoires

L’effet le plus documenté du Boswellia serrata concerne son activité anti-inflammatoire.

🧠 L'Interrupteur NF-κB
Des travaux ont montré que certains de ses constituants, notamment l’acétate d’incensole, peuvent inhiber l’activation du facteur NF-κB, un véritable interrupteur de l’inflammation (Moussaieff et al.).

Confort articulaire

Deux autres dimensions, souvent sous-estimées dans les stratégies de perte de poids, entrent ici en jeu : la capacité à bouger sans douleur.

Sur le plan articulaire, les données sont plus solides et relèvent des usages traditionnellement reconnus. Des essais cliniques récents sur des extraits standardisés, tels que Boswellin®, ont montré qu’une prise quotidienne pouvait être associée à une amélioration rapide du confort articulaire et à une diminution des marqueurs inflammatoires (Majeed et al., 2024).

Utilisation du Boswellia serrata

S’intéresser aux effets potentiels du Boswellia serrata sur la gestion pondérale n’a de sens que si l’on aborde, avec la même rigueur, les modalités d’utilisation, les dosages réellement étudiés et les précautions indispensables. C’est souvent à ce niveau que se creusent les écarts entre la littérature scientifique et les usages approximatifs.

Posologie recommandée

Il n’existe pas de posologie universelle du Boswellia serrata valable pour tous les contextes. Les repères disponibles proviennent exclusivement des protocoles utilisés dans les études cliniques et précliniques, et doivent être interprétés en fonction de l’objectif poursuivi.

Gélules, résine et autres formes
💎 Supériorité de l'Extrait Standardisé
Dans la recherche moderne, le Boswellia est presque exclusivement utilisé sous forme d’extraits standardisés, généralement conditionnés en gélules. Cette forme permet de garantir une teneur contrôlée en acides boswelliques, en particulier en AKBA, ce qui n’est pas le cas de la résine brute utilisée traditionnellement.

Les études cliniques portant sur le profil métabolique ou le diabète de type 2 ont le plus souvent utilisé des extraits de gomme de Boswellia serrata, administrés par voie orale, avec des doses comprises entre 300 et jusqu’à 1200mg par jour, selon la standardisation de l’extrait. Les formes dites « optimisées » ou brevetées, visent avant tout à améliorer la biodisponibilité, les acides boswelliques étant naturellement peu absorbés.

Attention : Les formes traditionnelles (résine brute, poudres non standardisées) ne permettent pas de transposer directement les résultats des études, faute de données fiables sur leur teneur réelle en composés actifs.

Fréquence et durée d’utilisation

Les protocoles étudiés montrent une certaine cohérence :
– pour les paramètres métaboliques, les essais cliniques ont généralement recours à une prise quotidienne, répartie en deux ou trois administrations, sur des durées allant de six à huit semaines ;
– pour les usages inflammatoires chroniques, notamment articulaires, certaines études ont prolongé la supplémentation jusqu’à trois à six mois, sans signal de toxicité notable.

Précautions et contre-indications

Le Boswellia serrata bénéficie d’un profil de sécurité globalement favorable, mais il ne s’agit pas d’une substance anodine. Les données disponibles invitent à une approche mesurée, fondée sur les observations cliniques et toxicologiques.

Effets secondaires possibles
⚠️ Tolérance Digestive
Les effets indésirables rapportés dans les études sont le plus souvent modérés et transitoires. Il s’agit principalement de troubles gastro-intestinaux légers : inconfort digestif, nausées, diarrhées ou acidité gastrique.
Ces effets apparaissent surtout à des doses élevées ou chez des sujets sensibles.

De rares réactions cutanées allergiques ont également été décrites dans les bases de pharmacovigilance.

Groupes à risque

Par principe de précaution, l’utilisation du Boswellia serrata est déconseillée chez les femmes enceintes et allaitantes, en raison de l’absence de données de sécurité suffisantes et de signalements anciens dans la littérature traditionnelle indienne.

Une vigilance particulière est recommandée chez les personnes sous traitement médicamenteux, notamment en cas de pathologies métaboliques ou hépatiques.

Sources

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