Vous cherchez des informations sur les risques de la chondroïtine ? Vous vous demandez si ce complément alimentaire est vraiment sans danger ? Vous n'êtes pas seul. Chaque année, près d'un million de boîtes contenant de la chondroïtine sulfate se vendent en France. Mais voilà : entre 2009 et 2018, l'ANSES a recensé 74 déclarations d'effets indésirables liés à la consommation de compléments alimentaires contenant de la chondroïtine et de la glucosamine. Alors, vrai danger ou fausse alerte ?
- Comprendre la chondroïtine et son utilisation
- Efficacité des compléments de chondroïtine
- Risques et effets indésirables associés à la chondroïtine
- Guide pratique pour une utilisation sécurisée de la chondroïtine
Comprendre la chondroïtine et son utilisation
Définition du sulfate de chondroïtine
La chondroïtine sulfate, c'est un glycosaminoglycane sulfaté : un nom barbare pour désigner un composant structurel de la matrice extracellulaire. Elle est présente dans tous vos tissus conjonctifs et cartilagineux : articulations, tendons, peau. Cette molécule joue un rôle dans le maintien de la structure et de l'élasticité de vos cartilages, tendons et de votre peau.
Utilisation courante des compléments alimentaires à base de chondroïtine
Pourquoi tant de personnes se tournent vers la chondroïtine ? La réponse tient en un mot : l'arthrose. Cette pathologie articulaire est la plus répandue mondialement. Elle touche principalement le genou et la hanche, ces articulations qui supportent tout le poids de votre corps.
En France, AUCUNE allégation de santé n'est autorisée pour la chondroïtine seule. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a évalué plusieurs demandes et n'a jamais pu établir une relation de cause à effet entre la consommation de chondroïtine sulfate et le "maintien d'une articulation normale".
Par contre, sous forme de médicament, c'est différent. En France, deux médicaments contiennent de la chondroïtine sulfate comme seul principe actif. Leur indication officielle ? Le "traitement symptomatique à effet différé de l'arthrose de la hanche et du genou". Ces médicaments bénéficient d'une autorisation de mise sur le marché (AMM) et sont obligatoirement soumis à des contrôles qualité approfondis.
Association avec la glucosamine : avantages et inconvénients
Vous avez probablement remarqué que la chondroïtine est rarement vendue seule. Dans la majorité des cas, elle est associée à la glucosamine dans les compléments alimentaires. Pourquoi cette combinaison ? Parce que ces deux molécules sont naturellement liées dans votre organisme.
La glucosamine est un constituant naturel des sécrétions muqueuses, de la peau, des tendons, des ligaments et des cartilages. C'est également un précurseur dans les voies métaboliques conduisant à la synthèse d'héparine, de chondroïtine sulfate ou d'acide sialique.
En clair : votre corps utilise la glucosamine pour fabriquer de la chondroïtine. La présence d'une fonction amine basique explique qu'à pH physiologique la glucosamine soit préférentiellement sous forme de sel.
Mais voici le revers de la médaille : dans les compléments alimentaires impliqués dans les cas d'effets indésirables recensés par l'ANSES, la glucosamine et la chondroïtine sulfate sont rarement les seuls ingrédients. On y trouve souvent du méthylsulfonylméthane (MSM), du curcuma, de l'harpagophyton, de l'acide hyaluronique, du cassis, du bambou, de la reine des prés, ou encore des vitamines et minéraux comme le calcium, le cuivre, le manganèse, la vitamine C ou la vitamine E…
Et c’est cette complexité qui rend difficile l'identification de l'ingrédient responsable en cas de problème. Le score d'imputabilité établi par l'ANSES s'applique au complément alimentaire dans sa globalité, pas à un ingrédient spécifique.
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Rôle dans la santé des articulations et du cartilage
Comment la chondroïtine agit-elle dans votre organisme ? Commençons par ce qui se passe naturellement. Dans votre cartilage articulaire, la chondroïtine sulfate fait partie intégrante des protéoglycanes.
Et ces protéoglycanes participent à l'assemblage de la matrice du cartilage tout en lui conférant de nombreuses propriétés. Grâce aux charges portées par la chondroïtine sulfate, le cartilage acquiert sa résistance à la compression, c'est ce qui permet à vos articulations d'absorber les chocs sans s'écraser.
Et dans le liquide synovial qui lubrifie vos articulations, on trouve également… de l'acide hyaluronique, dont la synthèse fait intervenir des dérivés de la glucosamine.
Efficacité des compléments de chondroïtine
Études scientifiques sur les effets des compléments
Chondroïtine et arthrose : résultats des recherches
Que disent vraiment les études scientifiques sur l'efficacité de la chondroïtine dans l'arthrose ? Commençons par les données les plus robustes.
La méta-analyse Cochrane de Singh 2015 a analysé 43 études portant sur 9110 participants. Selon cette analyse, la chondroïtine pourrait apporter un bénéfice léger à modéré sur la douleur. Mais attention : cette méta-analyse montre également une grande hétérogénéité entre les études.
L'étude GAIT mérite également d'être mentionnée. Dans le sous-groupe des patients souffrant de douleurs modérées à sévères, la combinaison glucosamine-chondroïtine s'est avérée efficace chez 79% des répondeurs contre 54% sous placebo. Pour les douleurs légères, en revanche, aucune différence significative n'a été observée.
Qu'en est-il des effets structurels sur le cartilage ? Selon la méta-analyse Cochrane, la chondroïtine pourrait ralentir la perte d'espace articulaire : la différence observée était de 0.13-0.18 mm après 2 ans par rapport au placebo. Cela peut sembler minime, mais sur le long terme, ralentir la dégradation du cartilage serait un enjeu important dans l'arthrose.
Comparaison avec d'autres traitements
Comment la chondroïtine se positionne-t-elle face aux autres traitements de l'arthrose ?
C'est l'étude CONCEPT (2017) qui nous apporte la réponse la plus éclairante. Cette étude, randomisée en double aveugle, a comparé pendant 6 mois la chondroïtine sulfate pharmaceutique (800mg/jour) au célécoxib (200mg/jour) et au placebo chez 604 patients souffrant d'arthrose du genou. Les résultats sont remarquables : la chondroïtine s'est montrée non-inférieure au célécoxib, un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) couramment prescrit. Aucune différence n'a été observée entre chondroïtine et célécoxib.
Ce que cela signifie concrètement ? La chondroïtine sulfate pharmaceutique pourrait représenter une alternative viable aux AINS pour le traitement à long terme de l'arthrose du genou, avec une efficacité comparable mais sans les risques cardiovasculaires, rénaux et gastro-intestinaux associés aux AINS. L'étude CONCEPT démontre également que la chondroïtine commence à montrer des effets sur l'indice de Lequesne à partir du jour 91 (3 mois), tandis que le célécoxib montre une différence significative dès le jour 30. Cette différence de délai d'action reflète probablement les mécanismes d'action distincts des deux molécules : action rapide anti-inflammatoire pour le célécoxib, action plus progressive mais potentiellement plus durable pour la chondroïtine.
Bénéfices réels du sulfate de chondroïtine
Au-delà des chiffres et des études, quels sont les bénéfices concrets que vous pouvez attendre de la chondroïtine ? Soyons clairs et honnêtes : les bénéfices dépendent ÉNORMÉMENT de la qualité du produit que vous choisissez.
Limitations et mystères autour de l'efficacité
Malgré les données scientifiques encourageantes, de nombreuses zones d'ombre persistent autour de l'efficacité de la chondroïtine.
- Première limitation : l'absorption. Nous ne savons toujours pas avec certitude quelle proportion de la chondroïtine que vous avalez atteint réellement vos articulations.
- Deuxième mystère : la variabilité individuelle. Pourquoi certains patients répondent-ils très bien à la chondroïtine tandis que d'autres ne constatent aucune amélioration ? Les études parlent de "répondeurs" et de "non-répondeurs", mais nous ne comprenons pas encore les mécanismes derrière ces différences.
- Troisième limitation : l'effet placebo massif. Dans l'arthrose, l'effet placebo peut atteindre 60% de réponse selon certaines études. L'étude CONCEPT a montré que le groupe placebo avait une réduction de douleur de 33,3 mm sur 100, c'est déjà significatif !
- Quatrième mystère : la durée optimale du traitement. Les études ont des durées variables (de 13 semaines à 3 ans!), et nous manquons de données sur l'efficacité au-delà de 2 ans. Faut-il prendre de la chondroïtine en continu ? Par cycles ? Pendant combien de temps ? Ces questions restent sans réponse définitive.
- Cinquième limitation : l'hétérogénéité des produits. Comme nous l'avons vu, toutes les chondroïtines ne se valent pas. Entre la chondroïtine bovine, porcine, de requin, de poisson, ou d'origine fermentaire, les structures moléculaires diffèrent (masse moléculaire, degré de sulfatation, position de la sulfatation). Ces différences structurelles pourraient influencer l'absorption, la biodisponibilité et l'activité biologique. Malheureusement, très peu d'études ont comparé directement différentes sources de chondroïtine.
- Sixième mystère : l'interaction avec les AINS. Les anti-inflammatoires pourraient masquer ou interférer avec l'effet de la chondroïtine. Pourtant, dans la pratique clinique, de nombreux patients prennent à la fois de la chondroïtine et des AINS. Comment optimiser cette association ? Faut-il arrêter les AINS une fois que la chondroïtine commence à agir (après 2-3 mois) ? Ou au contraire les deux traitements sont-ils complémentaires ?
Risques et effets indésirables associés à la chondroïtine
Effets secondaires connus des compléments
Réactions allergiques
Vous êtes allergique aux crustacés ou aux fruits de mer ? Stop. La glucosamine provient des carapaces de crabes et crevettes. Même purifiée, elle peut contenir des traces de protéines allergènes. Résultat : éruptions cutanées, démangeaisons, voire bronchospasme chez les asthmatiques.
L'ANSES a recensé plusieurs cas d'éruptions cutanées parmi les 74 déclarations d'effets indésirables. Si vous développez des plaques rouges, des démangeaisons généralisées ou des difficultés respiratoires après avoir commencé la chondroïtine, arrêtez immédiatement et consultez.
Problèmes gastro-intestinaux
Les troubles digestifs sont les effets secondaires les plus fréquents : nausées, diarrhées, douleurs abdominales.
Parmi les cas analysés par l'ANSES, plusieurs femmes ont développé des troubles digestifs. Une femme de 48 ans a eu des diarrhées et ballonnements dès le premier jour de prise.
Bonne nouvelle : ces symptômes disparaissent généralement à l'arrêt du produit. Si vous êtes gêné, prenez votre complément pendant les repas pour tester si ça passe mieux. Ça ne passe pas ? Arrêtez.
Interactions avec d'autres médicaments
Voici le risque le plus grave : vous prenez des anticoagulants (warfarine, Préviscan, Sintrom) ? La chondroïtine ressemble structurellement à l'héparine. Elle peut potentialiser l'effet de vos AVK, faire grimper votre fluidité sanguine et provoquer des hémorragies. L'ANSES a recensé plusieurs cas de déstabilisation de l'INR.
Un homme de 90 ans sous Préviscan a vu son INR augmenter 15 jours après avoir commencé la glucosamine.
Cette association est formellement déconseillée sans surveillance médicale stricte.
Autre interaction : si vous êtes diabétique, la glucosamine pourrait perturber votre glycémie. Les données sont contradictoires, mais l'ANSES déconseille par précaution.
Et si vous devez subir une chirurgie ? Arrêtez la chondroïtine 2 semaines avant à cause du risque hémorragique.
Groupes à risque : qui doit faire attention ?
L'ANSES a identifié des populations à risque qui doivent éviter ou être très prudentes avec la chondroïtine :
- Patients sous anticoagulants AVK
- Diabétiques et prédiabétiques
- Asthmatiques
- Allergiques aux crustacés
- Personnes sous régime hyposodé
- Femmes enceintes, allaitantes, enfants
- Personnes âgées
- Patients avec mélanome BRAF V600E+
Importance de la consultation médicale avant utilisation
Faut-il consulter votre médecin avant de prendre de la chondroïtine ? OUI. Pourquoi ? Parce que votre médecin va vérifier que vous ne faites partie d'aucun groupe à risque, qu'il n'y a pas d'interaction avec vos traitements en cours, et que vos douleurs viennent bien d'une arthrose (et pas d'une polyarthrite, d'une goutte, ou d'un problème plus grave).
Sans consultation, vous naviguez à l'aveugle.
Guide pratique pour une utilisation sécurisée de la chondroïtine
Comment choisir un complément alimentaire de qualité
Vous voulez essayer la chondroïtine ? Voici les critères pour ne pas gaspiller votre argent :
Vérifiez la dose : 800-1200 mg/jour.
Lisez l'étiquette : vérifiez la source de la chondroïtine (bovine, marine…), sa teneur exacte en mg, et l’absence d'ingrédients douteux.
Méfiez-vous des prix trop bas : un produit de qualité coûte 30-50€/mois. À 10€, c'est louche.
Évitez les formules complexes : privilégiez une chondroïtine seule ou avec peu d’ingrédients, évitez les complexes à 54 ingrédients.
Posologie recommandée et durée de prise
Selon les études on recommanderait entre 800-1200 mg par jour, en une seule prise à prendre pendant les repas.
Soyez patient. Les premiers effets mentionnés dans les études apparaissent après 2-4 semaines. L'efficacité se jugerait après 3 mois en se fiant aux études que nous avons cités.
Surveillance des effets et ajustement du traitement
Signes à surveiller durant la prise
Surveillez ces symptômes et arrêtez immédiatement si vous les développez :
Digestifs : douleurs abdominales intenses, diarrhées importantes, vomissements, sang dans les selles.
Cutanés : éruption étendue, urticaire, gonflement du visage.
Hépatiques : jaunisse, urines foncées, fatigue intense, démangeaisons sans éruption.
Hémorragiques : saignements de nez répétés, hématomes spontanés, sang dans les urines.
Respiratoires : aggravation d'un asthme, essoufflement.
- ANSES (2019). Avis relatif aux risques liés à la consommation de compléments alimentaires contenant de la glucosamine et/ou de la chondroïtine sulfate. Rapport NUT2015SA0069. [PDF]
- Clegg, D. O., Reda, D. J., Harris, C. L., et al. (2006). Glucosamine, chondroitin sulfate, and the two in combination for painful knee osteoarthritis. New England Journal of Medicine, 354(8), 795–808. [Étude GAIT]
- Hochberg, M. C., Martel-Pelletier, J., Monfort, J., et al. (2016). Combined chondroitin sulfate and glucosamine for painful knee osteoarthritis: a multicentre, randomised, double-blind, non-inferiority trial versus celecoxib. Annals of the Rheumatic Diseases, 75(1), 37–44. [Étude CONCEPT]
- Lubis, A. M. T., Siagian, C., Wonggokusuma, E., et al. (2017). Comparison of glucosamine-chondroitin sulfate with and without methylsulfonylmethane in grade I-II knee osteoarthritis: a double blind randomized controlled trial. Acta Medica Indonesiana, 49(2), 105–111.
- Singh, J. A., Noorbaloochi, S., MacDonald, R., & Maxwell, L. J. (2015). Chondroitin for osteoarthritis. Cochrane Database of Systematic Reviews, (1), CD005614.





































