Vous vous demandez si la valériane est dangereuse pour la santé ? Spoiler : non, pas aux doses recommandées. Mais comme toute plante médicinale aux propriétés apaisantes et sédatives, elle mérite qu'on s'y intéresse sérieusement avant de la consommer. Voici ce que disent vraiment les études scientifiques.
- Qu'est-ce que la valériane ?
- Bienfaits de la valériane pour la santé
- Formes d'utilisation de la valériane
- Effets secondaires et dangers de la valériane
Qu'est-ce que la valériane ?
Origine et histoire de la plante
La valériane (Valeriana officinalis de son nom scientifique) est une plante vivace qui pousse dans les prairies humides d'Europe, d'Asie et d'Amérique du Nord. Vous pouvez la croiser en France au bord des ruisseaux, avec ses petites fleurs blanches ou rosées. Ce qui intéresse la phytothérapie, c'est ce qui se cache sous terre : le rhizome (une tige souterraine horizontale, la réserve nutritionnelle de la plante) et les racines.
Son usage remonte à plus de 2 000 ans. Hippocrate et Galien, médecins grecs de l'Antiquité, la recommandaient déjà pour soulager les troubles du sommeil. En Europe, elle est restée la référence contre l'insomnie jusqu'à l'arrivée des somnifères de synthèse au XXe siècle.
Bienfaits de la valériane pour la santé
Effets sur le sommeil
C'est la raison n°1 pour laquelle on s'intéresse à cette plante : favoriser un sommeil réparateur. Et les autorités de santé sont plutôt claires là-dessus.
Ce qui est officiellement reconnu :
- L'EMA considère comme « scientifiquement bien établi » l'usage de la valériane pour soulager les troubles du sommeil
- L'OMS la reconnaît comme « sédatif léger capable de favoriser le sommeil »
- La valériane aide à maintenir un sommeil naturel et aide à l'endormissement
Ce que disent les études :
L'umbrella review de Valente (2024), le plus haut niveau de preuve existant (une revue de 8 revues systématiques), arrive à un constat nuancé : profil de sécurité bon, mais pas de preuve d'efficacité objective pour traiter l'insomnie. Les mesures en laboratoire du sommeil ne montrent pas de différence significative avec un placebo.
Pourtant, les gens qui prennent de la valériane disent mieux dormir. La méta-analyse de Fernández-San-Martín (2010), portant sur 18 essais cliniques, a trouvé que les utilisateurs avaient 1,37 fois plus de chances de déclarer une amélioration de leur qualité de sommeil que ceux sous placebo.
La valériane ne fonctionne pas comme un somnifère classique. Son effet n'est pas immédiat. Il faut au moins 2 à 4 semaines de prise régulière pour ressentir les premiers bénéfices. Une dose unique ne produira aucun effet perceptible.
Usage dans le traitement de l'anxiété
Le stress et l'anxiété sont souvent les compagnons de route des troubles du sommeil. Si votre cerveau tourne en boucle une fois la lumière éteinte, c'est rarement un problème de sommeil isolé. La valériane aide à faire face calmement au stress d'une vie bien remplie et contribue à une relaxation optimale.
La revue systématique de Savage (2018) a relevé pour la valériane :
- Une réduction de l'anxiété subjective chez des adultes sains soumis à un stress expérimental
- Un essai montrant que 530 mg/jour pendant 4 semaines pourraient réduire significativement l'anxiété chez des patients séropositifs
- Aucun effet négatif sur la conduite ni sur les performances cognitives
En revanche, la méta-analyse en réseau de Zhang (2022) conclut que les preuves restent insuffisantes pour confirmer l'efficacité de la valériane spécifiquement contre l'anxiété.
En résumé : la valériane possède un effet calmant officiellement reconnu qui peut soutenir le bien-être mental en cas de tension et de stress. C'est un soutien à la relaxation, pas un traitement de l'anxiété pathologique.
Propriétés sédatives de la valériane
On la surnomme le « Valium végétal ». Un raccourci un peu exagéré, mais qui traduit bien ses propriétés apaisantes et sédatives reconnues depuis des siècles. L'OMS la reconnaît comme alternative aux sédatifs classiques pour les troubles mineurs du sommeil.
Soyons précis : la valériane ne vous « assomme » pas. Son effet est doux et progressif. L'acide valérénique « ajuste le volume » du signal de relaxation naturel de votre cerveau, au lieu de le court-circuiter comme le font les benzodiazépines. C'est une différence fondamentale qui explique son profil d'effets secondaires bien plus favorable.
Selon l'INSERM, 37 % des Français souffrent de troubles du sommeil réguliers et 15 à 20 % souffrent d'insomnie. Le stress, l'anxiété et les écrans en sont les principales causes, exactement le créneau où la valériane a montré le plus d'intérêt.
Formes d'utilisation de la valériane
Tisanes et décoctions
La tisane de valériane, c'est la forme la plus ancienne. Le principe est simple : 2 à 3 g de poudre de racine de valériane séchée dans une tasse d'eau bouillante, infusée 10 à 15 minutes. Prévoyez une tasse dans l'heure précédant le coucher pour favoriser un sommeil de qualité.
Petit avertissement honnête : l'odeur est… particulière. Terreuse, musquée, franchement forte. Le goût est à l'avenant. Associez votre tisane à de la mélisse ou de la menthe si vous êtes sensible aux saveurs corsées.
L'avantage : rituel du soir apaisant, forme douce et naturelle.
L'inconvénient : dosage moins précis qu'un extrait standardisé, la teneur en principes actifs varie d'un lot à l'autre.
Gélules et compléments alimentaires
C'est la forme la plus pratique et la plus utilisée dans les études cliniques. Les gélules de valériane contiennent un extrait sec de racine, souvent standardisé en acide valérénique.
Beaucoup de compléments alimentaires associent la valériane à d'autres plantes ou à de la mélatonine pour une action complémentaire sur l'endormissement et les réveils nocturnes. C'est le cas de notre Complexe Sommeil, qui combine 300 mg d'extrait de valériane (Valeriana officinalis) avec de la mélisse, de la camomille et 1,9 mg de mélatonine.
✅ Ce qu'il faut vérifier sur l'étiquette :
- Nom latin : Valeriana officinalis (la bonne espèce)
- Quantité d'extrait par gélule (en mg)
Teinture mère de valériane
La teinture mère est un extrait liquide obtenu par macération de la racine dans un mélange eau-alcool. L'absorption est plus rapide qu'une gélule, et le dosage est ajustable goutte par goutte.
L'avantage : rapidité d'absorption, dosage fin.
L'inconvénient : goût prononcé (valériane + alcool). Et elle contient de l'alcool, ce qui ne convient pas à tout le monde.
Notre complexe sommeil est un mélange synergique de 1,9 mg de mélatonine à action rapide et de 3 plantes apaisantes. Cette combinaison permet un endormissement rapide et un sommeil sain. Notre complexe sommeil convient à une alimentation vegan, sans gluten, halal et casher.
Effets secondaires et dangers de la valériane
On entre dans le vif du sujet, celui qui vous a probablement amené ici. Vous avez lu que la valériane pouvait être bénéfique pour le sommeil, et maintenant vous voulez savoir ce qu'elle a dans le ventre côté risques. C'est exactement la bonne démarche.
Effets indésirables possibles
Commençons par rassurer : la revue systématique de Taibi (2007), qui a passé au crible 37 études, conclut que la valériane est « une plante sûre associée uniquement à de rares effets indésirables ».
Cela dit, « rare » ne veut pas dire « inexistant ». Voici ce qui a été observé.
Réactions allergiques
Comme pour toute plante, des réactions cutanées (rougeurs, démangeaisons) peuvent apparaître chez les personnes allergiques à la valériane ou à d'autres plantes de la même famille. C'est peu fréquent, mais si vous constatez ce type de réaction après avoir débuté une cure, arrêtez immédiatement la prise et consultez un professionnel de santé.
Problèmes gastro-intestinaux
C'est l'effet secondaire le plus fréquemment rapporté, même s'il reste rare.
Le RCP d'ELUSANES VALERIANE (base ANSM) liste les nausées, crampes abdominales et troubles digestifs comme effets indésirables de fréquence « indéterminée ».
La monographie EMA rapporte qu'une ingestion massive (environ 20 g de poudre, soit près de 10 fois la dose journalière maximale) a provoqué des crampes abdominales, une fatigue et des vertiges, le tout résolu en 24 heures. Bref, même en cas de surdosage ponctuel, les conséquences restent bénignes.
Si la valériane vous provoque des nausées, essayez de la prendre au cours d'un repas léger plutôt qu'à jeun. Et si vous utilisez la tisane de valériane, son goût prononcé peut lui-même générer un inconfort, ce n'est pas forcément un effet de la plante en soi.
Somnolence excessive
C'est un peu le paradoxe : on prend de la valériane pour favoriser le sommeil, mais si elle fonctionne trop bien, on risque d'être somnolent au mauvais moment. Cet effet est surtout signalé à doses élevées ou lorsque la valériane est prise en association avec d'autres substances sédatives.
L'étude de Gerhard (1996) apporte toutefois une nuance rassurante : en comparant valériane et flunitrazépam (une benzodiazépine), seul le médicament de synthèse altérait la vigilance le lendemain matin. Avec la valériane, pas d'effet « gueule de bois » objectivement mesurable.
Effets indésirables les plus rapportés dans les études cliniques :
| Effet secondaire | Fréquence | Gravité |
| Maux de tête | Rare | Légère |
| Nausées / crampes abdominales | Rare | Légère |
| Somnolence diurne | Rare (doses élevées) | Légère |
| Vertiges | Très rare | Légère |
| Réactions cutanées (allergie) | Très rare | Variable |
Un dernier point qui inquiète parfois : le risque hépatique. Quelques cas isolés d'atteinte du foie ont été décrits (Cohen et Del Toro, 2008), mais la quasi-totalité impliquaient la prise simultanée d'autres plantes potentiellement hépatotoxiques. Quand la valériane est prise seule, aux doses recommandées, presque aucun cas convaincant d'insuffisance hépatique n'a été documenté. Par précaution, les personnes souffrant d'une maladie du foie devraient tout de même l'éviter.
Contre-indications de l'utilisation de la valériane
Interaction avec d'autres médicaments
C'est ici que la vigilance compte le plus. Pas parce que la valériane est dangereuse en soi, mais parce qu'elle peut amplifier l'effet de certains médicaments.
Les associations à surveiller :
| Substance | Risque identifié |
| Somnifères, tranquillisants (benzodiazépines, zolpidem…) | Somnolence excessive par addition d'effets sédatifs |
| Antidépresseurs sédatifs (tricycliques, mirtazapine…) | Somnolence accrue, avis médical indispensable |
| Anticoagulants (warfarine…) | Risque de saignement potentiellement augmenté |
| Alcool | Addition des effets sédatifs : association à éviter |
| Anesthésiques (chirurgie) | Sédation prolongée : stopper la valériane 2 semaines avant l'opération (Ang-Lee, 2001) |
| Compléments alimentaires à base de fer | Les tanins de la valériane pourraient diminuer l'absorption du fer |
| Autres plantes sédatives (kava, mélatonine, passiflore…) | Addition des effets calmants |
Restrictions pour certaines populations
La valériane n'est pas faite pour tout le monde. Certaines personnes doivent s'en abstenir, non pas parce qu'un danger précis a été démontré, mais par manque de données suffisantes pour garantir la sécurité.
- Femmes enceintes et allaitantes
- Enfants de moins de 12 ans
- Personnes souffrant de troubles hépatiques
Précautions à prendre
Quelques réflexes simples permettent de profiter des bienfaits de la valériane en toute sécurité :
- Respectez les doses recommandées : ce n'est pas parce que c'est naturel que « plus = mieux »
- Ne dépassez pas 6 semaines de cure continue sans avis médical
- Évitez de conduire ou d'utiliser des machines dans les 1 à 2 heures suivant la prise : l'EMA et l'ANSM maintiennent cet avertissement même si les études sont rassurantes sur l'absence d'effet résiduel le lendemain
- Arrêtez 2 semaines avant une intervention chirurgicale pour éviter toute interaction avec les anesthésiques
- Signalez systématiquement votre consommation de valériane à tout professionnel de santé qui vous prend en charge
Et la question que beaucoup se posent : la valériane crée-t-elle une dépendance ? Aucun syndrome de dépendance n'est établi dans la littérature scientifique.
FAQ
La valériane peut-elle être toxique pour les chats ?
- Fernández-San-Martín, M. I., Masa-Font, R., Palacios-Soler, L., et al. (2010). Effectiveness of Valerian on insomnia: a meta-analysis of randomized placebo-controlled trials. Sleep Medicine, 11(6), 505–511.
- Savage, K., Firth, J., Stough, C., & Sarris, J. (2018). GABA-modulating phytomedicines for anxiety: A systematic review of preclinical and clinical evidence. Phytotherapy Research, 32(1), 3–18.
- Taibi, D. M., Landis, C. A., Petry, H., & Vitiello, M. V. (2007). A systematic review of valerian as a sleep aid: safe but not effective. Sleep Medicine Reviews, 11(3), 209–230.
- Valente, H. F., Soler, I. M., Daltro, C. S., & Lessa, R. T. (2024). Does valerian work for insomnia? An umbrella review of the evidence. European Neuropsychopharmacology, 81, 17–24.
- Zhang, Y., Cui, C., Wang, L., et al. (2022). Medicinal herbs for the treatment of anxiety: A systematic review and network meta-analysis. Pharmacological Research, 179, 106204.





































