Comprendre le zinc bisglycinate
Qu'est-ce que le zinc bisglycinate ?
Le zinc bisglycinate est une forme chélatée de zinc. Dit simplement, cela signifie que l’atome de zinc est lié à deux molécules de glycine, un acide aminé naturellement présent dans notre corps. Cette liaison forme une sorte de coque protectrice autour du zinc. Un peu comme si l’on glissait un objet fragile dans une housse avant de le transporter.
On parle souvent de zinc “libre” pour désigner les formes classiques comme l’oxyde, le sulfate ou le gluconate. Dans ces cas-là, le zinc se retrouve directement exposé dans l’estomac et l’intestin, sous forme d’ions. Ces ions sont chimiquement très réactifs, ils se lient facilement à d’autres composés alimentaires (fibres, phytates, calcium, fer…) et peuvent ainsi devenir beaucoup moins bien absorbés. C’est ce que montrent les travaux sur les mécanismes d’absorption intestinale du zinc via les transporteurs ZIP et ZnT (Overview of ZIP and ZnT Zinc Transporters, PMC).
Avec le zinc bisglycinate, le zinc n’est plus “nu”. Il est protégé par la glycine, ce qui lui permettrait de traverser le système digestif avec beaucoup moins d’interactions parasites. Ce principe de protection explique pourquoi cette forme est aujourd’hui considérée comme une forme à haute biodisponibilité, comme le confirment les revues scientifiques récentes sur la bioaccessibilité des différentes formes de zinc (MDPI, 2024 ; NIH, Narrative Review on Zinc Bioavailability).
Si cette forme est apparue, c’est précisément parce que les anciennes formes de zinc posaient un double problème bien documenté :
– une absorption inconstante, très dépendante de l’alimentation,
– et une tolérance digestive parfois difficile, notamment avec les sels inorganiques comme le sulfate ou l’oxyde (Zinc in Human Health, PMC).
Composition et propriétés
Le lien entre le zinc et la glycine est au cœur des propriétés du bisglycinate. La glycine est le plus petit des acides aminés, ce qui permet au complexe zinc–glycine de rester très compact et stable. D’un point de vue chimique, on parle d’une structure en “pince”, où la glycine entoure littéralement l’atome de zinc.
Cette structure apporte trois propriétés majeures.
D’abord, une stabilité digestive élevée. Contrairement aux sels de zinc qui se dissocient très facilement dans l’estomac, le bisglycinate resterait chimiquement intact sur une grande partie du trajet digestif. Cela limiterait la libération précoce d’ions zinc, responsables à la fois des interactions négatives avec les phytates et des sensations d’irritation gastrique (MDPI, The Molecular Basis for Zinc Bioavailability).
Ensuite, une neutralité acido-basique. Le complexe zinc–glycine est électriquement neutre, ce qui change tout. Un ion chargé attire naturellement d’autres charges opposées. Un complexe neutre, lui, circulerait beaucoup plus facilement dans l’environnement intestinal, sans être “capturé” par les fibres, les minéraux concurrents ou les composés végétaux (Dietary Zinc Bioaccessibility, MDPI).
Enfin, une tolérance intestinale nettement améliorée. Les données cliniques disponibles montrent que le zinc bisglycinate serait associé à beaucoup moins de nausées et d’inconfort digestif que les formes ioniques, précisément parce qu’il ne libère pas brutalement des ions zinc dans l’estomac (Gandia et al., International Journal for Vitamin and Nutrition Research).
Avantages par rapport à d'autres formes de zinc
Toutes les formes de zinc ne se valent pas. Et pour le commun des mortels, cette différence est loin d’être visible sur l’étiquette. Pourtant, elle change profondément l’absorption, la tolérance et l’efficacité réelle.
Face à l’oxyde de zinc, la différence est radicale. L’oxyde est une forme très peu soluble, donc très faiblement absorbée. Les études montrent que certains individus n’en absorbent quasiment rien (Zinc Absorption by Young Adults). De plus, l’oxyde libère des ions zinc très réactifs, pouvant contribuer à un stress oxydatif local dans le tube digestif. Le bisglycinate, lui, présenterait une absorption nettement supérieure, tout en restant non irritant, grâce à sa structure chélatée (Comparative Bioavailability of Zinc Forms, MDPI).
Face au gluconate de zinc, souvent présenté comme une “bonne” forme, le bisglycinate garde également l’avantage. Une étude clinique réalisée chez des volontaires sains a montré que, pour une même dose de 15 mg de zinc élémentaire, le bisglycinate permettait une biodisponibilité supérieure d’environ 43 % par rapport au gluconate (Gandia et al.,). Autrement dit, à dose égale sur l’étiquette, plus de zinc atteint réellement la circulation avec le bisglycinate. Sur le plan digestif, le bisglycinate semblerait également mieux toléré, avec une absence d’effets gastriques rapportés dans cette étude.
Face au picolinate de zinc, la comparaison se joue surtout sur le mode de transport. Le picolinate forme un complexe organique intéressant, avec une absorption généralement correcte. Mais les données comparatives récentes tendent à montrer que le bisglycinate bénéficierait d’un transport plus stable, notamment en présence d’aliments (Barrie et al.,). Le bisglycinate pourrait en effet emprunter, en plus des transporteurs classiques du zinc, certains transporteurs d’acides aminés, ce que certains chercheurs décrivent comme un mécanisme de type “cheval de Troie” (MDPI, The Molecular Basis for Zinc Bioavailability).
Sur une étiquette, “15 mg de zinc” peuvent correspondre à des réalités biologiques très différentes selon qu’il s’agit d’oxyde, de gluconate, de picolinate ou de bisglycinate. Le bisglycinate se distinguerait précisément par cette combinaison rare : haute stabilité, absorption supérieure, et tolérance digestive optimale.
Bienfaits du zinc bisglycinate pour le système immunitaire
Renforcement de l'immunité
Le zinc n’est pas un simple “coup de pouce” pour l’immunité : il en est l’un des architectes silencieux. À l’échelle cellulaire, il participe directement à l’activation des cellules immunitaires, en particulier les lymphocytes T, ces cellules chargées d’identifier et de coordonner la réponse contre les agents infectieux. Des travaux fondamentaux ont montré que les variations de zinc à l’intérieur même des cellules servent de signal biologique, modulant l’intensité de l’activation immunitaire (Roles of Zinc Signaling in the Immune System, PMC ; Regulation of T-cell receptor signaling by zinc influx, JEM).
Quand l’apport en zinc est insuffisant, cette mécanique se dérègle : les cellules deviennent moins réactives, la réponse est plus lente, parfois moins ciblée. À l’inverse, un statut satisfaisant en zinc est associé à une meilleure coordination des défenses naturelles, ce qui explique pourquoi il est classiquement considéré comme un oligo-élément clé du fonctionnement normal du système immunitaire.
Le choix de la forme bisglycinate prend ici tout son sens : l’étude de Gandia et al. a montré qu’à dose identique, que le bisglycinate permettrait une élévation plus importante et plus stable du zinc circulant que le gluconate, ce qui pourrait conditionner une meilleure disponibilité du zinc pour les cellules immunitaires (A Bioavailability Study Comparing Zn Bisglycinate vs Zn Gluconate).
Rôle dans les infections et maladies
Dans les périodes où l’organisme est soumis à une pression immunitaire accrue, typiquement lors des infections saisonnières, des périodes de fatigue persistante, ou après une maladie.. les besoins en zinc peuvent augmenter.
Plusieurs revues de la littérature ont mis en évidence que les personnes souffrant d’infections récurrentes présentent fréquemment des taux sanguins de zinc plus faibles que la moyenne (Zinc and immune function: altered resistance to infection). La supplémentation permettrait alors de corriger ce terrain de vulnérabilité, sans pour autant se substituer aux mécanismes naturels de défense.
Dans les situations d’immunité affaiblie, le zinc interviendrait à plusieurs niveaux : sur la maturation des cellules immunitaires, sur leur prolifération, et sur la communication entre elles via les cytokines. Le sélénium et la vitamine B6, associés dans la formule, jouent ici un rôle complémentaire : le sélénium serait impliqué dans l’activité des cellules Natural Killer, tandis que la vitamine B6 participerait à la synthèse des protéines immunitaires, notamment les anticorps (Modulatory Effects of Selenium and Zinc on the Immune System ; Nutrient Synergy). On parle ici de synergie nutritionnelle, un concept aujourd’hui bien documenté.
Dans les périodes de convalescence, de stress physiologique ou de stress chronique, l’organisme consomme davantage de micronutriments antioxydants et immunitaires. Le zinc, en tant qu’acteur du métabolisme cellulaire et de la réparation des tissus, pourrait alors jouer un rôle de soutien. Les effets observés dans les études sont toutefois décrits au conditionnel, car ils dépendent fortement du statut initial en zinc, de l’état de santé global et du contexte nutritionnel de chaque individu.
Oligo-élément essentiel pour la santé globale
Le zinc est qualifié d’oligo-élément essentiel non pas par convention, mais parce qu’il intervient comme cofacteur dans plus de 300 enzymes. Ces enzymes gouvernent des processus aussi variés que la digestion des macronutriments, le fonctionnement du système nerveux, ou encore l’équilibre acido-basique (Overview on the Physiological Functions of Zinc Transporters, J-Stage).
Il joue également un rôle central dans la synthèse de l’ADN et dans la division cellulaire. Sans zinc, une cellule ne peut ni se dupliquer correctement, ni réparer efficacement son matériel génétique. C’est précisément pour cette raison que les états de carence prolongée sont associés à des troubles de la croissance, de la cicatrisation et du renouvellement des tissus.
Le zinc contribue aussi au maintien d’une vision normale, à la fertilité, ainsi qu’au métabolisme normal des glucides, des lipides et des protéines. Le zinc agit ici comme un chef d’orchestre discret, sans lequel les grandes fonctions du vivant perdent leur synchronisation.
Zinc bisglycinate et vieillissement de la peau
Impact sur l'éclat et la jeunesse de la peau
Le vieillissement cutané n’est pas un simple phénomène esthétique : c’est le résultat d’un déséquilibre progressif entre production de radicaux libres et capacités antioxydantes. Le zinc intervient précisément dans ce combat permanent contre le stress oxydatif. Il est un constituant indirect de la superoxyde dismutase (SOD), une enzyme clé chargée de neutraliser certaines espèces réactives de l’oxygène (Trace Element Zinc and Skin Disorders).
Lorsque les défenses antioxydantes sont mieux équilibrées, le renouvellement cellulaire cutané se ferait dans de meilleures conditions. La peau conserverait alors plus longtemps des cellules fonctionnelles, capables d’assurer leurs rôles de barrière, de protection et d’hydratation naturelle.
Le zinc serait aussi impliqué, de manière indirecte, dans la dynamique du collagène. Il participe au fonctionnement des métalloprotéinases matricielles, des enzymes qui interviennent dans le remodelage de la matrice extracellulaire lors de la réparation cutanée (Zinc in Wound Healing Modulation, PMC).
En cas de carence, ce renouvellement deviendrait plus lent, ce qui pourrait favoriser un vieillissement prématuré de la peau. Ces mécanismes sont bien décrits sur le plan biologique, mais les effets cliniques restent dépendants du terrain individuel.
Avantages pour les cheveux et les ongles
Cheveux et ongles sont constitués majoritairement de kératine, une protéine fibreuse dont la solidité repose sur des liaisons soufrées entre acides aminés. Le zinc participe à la synthèse correcte de cette kératine et à sa structuration. Lorsque les apports sont insuffisants, on observe classiquement une fragilité capillaire, une perte de brillance, parfois une augmentation de la chute, ainsi que des ongles mous, striés ou cassants (The Effects of Zinc on Hair Health, Anagen Hair Restoration ; Trace Minerals, Boost Hair Growth With Zinc).
Plusieurs études observationnelles ont mis en évidence une corrélation entre chute de cheveux diffuse et taux bas de zinc sanguin, notamment dans l’effluvium télogène. La supplémentation permettrait, dans ces contextes, de normaliser progressivement le cycle capillaire, sans pour autant agir comme un traitement miracle (Serum zinc levels and efficacy of zinc treatment in acne and hair disorders).
Dosage et précautions d'utilisation
Dose quotidienne recommandée
Le zinc est un oligo-élément essentiel, mais comme tout ce qui agit profondément sur la biologie, la dose fait la différence entre l’équilibre et l’excès. Les apports nutritionnels de référence établis pour la population adulte se situent autour de 8 à 10 mg par jour chez la femme et 11 à 12 mg chez l’homme, selon les données réglementaires de l’ANSES. Ces valeurs correspondent aux besoins pour assurer le fonctionnement normal du système immunitaire, de la division cellulaire, de la synthèse de l’ADN et du métabolisme des macronutriments.
Dans certaines situations, ces besoins peuvent être augmentés. C’est notamment le cas chez les personnes soumises à un stress physiologique important, chez les sportifs exposés à des pertes minérales accrues, chez les seniors dont l’absorption digestive peut être moins efficace, ou encore dans des contextes de fatigue persistante.
L’EFSA a fixé la limite supérieure de sécurité à 25 mg de zinc par jour, tous apports confondus (alimentation + compléments). Ce plafond est important pour éviter les déséquilibres minéraux.
Précautions pour un usage sécurisé
La grossesse et l’allaitement sont des périodes particulières, non pas parce que le zinc y serait interdit, mais parce que les besoins physiologiques augmentent.
Dans ce contexte, les apports doivent rester encadrés médicalement, même avec une forme bien tolérée comme le bisglycinate.
L’allaitement prolonge cette vigilance : une partie du zinc est mobilisée pour enrichir le lait maternel. Là encore, la supplémentation peut s’envisager, mais dans le cadre d’un avis de professionnel de santé, afin de rester cohérent avec les apports alimentaires réels.
En situation de polysupplémentation, la prudence est également de mise. Le zinc interagit notamment avec le cuivre, le fer et le calcium au niveau de l’absorption intestinale. Une multiplication non maîtrisée des compléments peut conduire à des déséquilibres minéraux insidieux, parfois sans symptômes immédiats. C’est la raison pour laquelle notre formule positionnée à 15 mg de zinc, est sans excès, et permet de s’inscrire dans une stratégie nutritionnelle durable, sans saturation progressive des voies métaboliques.
Effets secondaires potentiels
Les effets indésirables du zinc ne sont pas liés au minéral en lui-même, mais essentiellement à l’excès chronique et à la forme utilisée. À forte dose et sur des périodes prolongées, un apport excessif en zinc peut induire un déséquilibre du cuivre.
Sur le plan digestif, les troubles digestifs tels que nausées, douleurs gastriques ou vomissements sont surtout rapportés avec les sels ioniques (sulfate, gluconate). Le bisglycinate, en raison de sa structure chélatée neutre, est précisément reconnu pour sa tolérance digestive nettement supérieure, avec une absence quasi totale d’irritation gastrique rapportée dans les études de biodisponibilité clinique (Gandia et al.).
sources :
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