compléments

Collagène vegan : existe-t-il vraiment et quelles alternatives choisir ?

Par Louis Bertolini

9 Minutes

Résumer ce contenu avec :
Ce qu'il faut retenir :
  • Les boosters de « collagène vegan » apportent des précurseurs, les autres alternatives peuvent contenir des peptides végétaux. Mais ce n’est pas du collagène.
  • Le collagène fabriqué par biotechnologie existe, mais n’est pas autorisé en complément alimentaire dans l’UE.
  • La membrane d’œuf n’est pas vegan. Les résultats sur la peau et les articulations concernent des préparations précises.

Vous vous demandez si le collagène vegan existe vraiment ? Spoiler : les boosters végétaux ne contiennent pas de collagène. Pourquoi ? Parce qu’ils apportent des ingrédients utilisés par votre corps pour en fabriquer, comme la glycine, la proline et la vitamine C [8]. D’autres formules contiennent des peptides issus de protéines végétales, qui ne sont pas non plus du collagène [9][10]. Le nom sur le pot entretient donc une confusion entre la protéine et ses alternatives. Quant au collagène fabriqué par biotechnologie, il existe, mais son utilisation dans les compléments dépend des autorisations du pays : PrimaColl®, par exemple, n’est pas autorisé pour cet usage dans l’Union européenne [12].

Le collagène vegan, c’est quoi dans votre complément ?

Un booster apporte surtout des acides aminés

Le collagène est une protéine de structure présente notamment dans la peau, les tendons et les cartilages. Il participe à la résistance de ces tissus conjonctifs. Il en existe plusieurs types, qui ne s’organisent pas tous de la même façon [7]. Votre corps en fabrique lui-même : vous n’avez donc pas forcement besoin de manger du collagène pour en avoir dans votre organisme.

Pour le produire, vos cellules assemblent des acides aminés en chaînes, puis organisent ces chaînes en une structure particulière, en triple hélice. La glycine et la proline font partie des éléments utilisés. Lors de cette synthèse, une partie de la proline est transformée en hydroxyproline, qui contribue à stabiliser la molécule. La vitamine C intervient dans cette étape : sans vitamine C suffisante, la formation d’hydroxyproline et la synthèse normale du collagène sont perturbées [7].

C’est sur ce principe que reposent certains boosters de collagène vegan : ils associent des acides aminés, comme la glycine et la proline, à de la vitamine C et parfois à des extraits de plantes [8]. Ils apportent des précurseurs, pas une protéine de collagène déjà constituée. La mention « biomimétique », elle,  peut décrire un profil d’acides aminés conçu pour ressembler à celui du collagène mais elle ne signifie pas que ces acides aminés sont assemblés de la même façon.

<br>

Des acides aminés libres ne sont pas des peptides de collagène. Les premiers sont séparés / les seconds sont des fragments obtenus en découpant une protéine de collagène par hydrolyse. Les peptides hydrolysés ne conservent pas la triple hélice intacte représentée ci-dessus. Leur origine les distingue d’un simple mélange d’acides aminés.

Des peptides végétaux, pas des peptides de collagène

D’autres alternatives contiennent des peptides extraits de protéines de brocoli et de carotte [9][10]. Ce ne sont donc pas des acides aminés libres : ils sont déjà liés entre eux. Mais un peptide végétal n’est pas un peptide de collagène. Deux protéines peuvent contenir les mêmes acides aminés sans avoir le même enchaînement. Une composition riche en glycine, proline ou hydroxyproline ne suffit donc pas à les rendre identiques.

Peut-on acheter du vrai collagène vegan en France ?

Le véritable collagène sans extraction animale passe par une autre fabrication : des microorganismes modifiés produisent la protéine par fermentation de précision [1]. On parle de collagène recombinant. Contrairement à un booster, il s’agit bien de fabriquer du collagène, pas de mélanger les ingrédients dont votre corps se sert pour en produire.

Mais cette technologie ne signifie pas que vous pouvez acheter le produit comme complément en France. 

Attention aussi à la mention « obtenu par fermentation » : elle peut désigner la fabrication des acides aminés qui composent un booster [9]. Elle ne prouve donc pas que la poudre contient du collagène recombinant.

Végétal ou végétarien : ne pas confondre les origines

La membrane de coquille d’œuf reste animale

Vous pouvez trouver du « collagène végétarien » fabriqué à partir de la membrane de coquille d’œuf. Il s’agit de la fine pellicule située sous la coquille, et non de la coquille minérale elle-même. Cette membrane contient notamment du collagène et elle entre dans la composition de certains compléments alimentaires [3].

Cet extrait peut convenir à une personne qui consomme des œufs, mais pas de viande ni de poisson.

Le collagène de membrane d’œuf n’est pas vegan.   

Même vigilance avec la mention « enveloppe végétale ». Elle décrit l’enveloppe de la gélule, pas forcément les ingrédients à l’intérieur. Vous pouvez donc avoir une enveloppe végétale contenant un extrait de membrane d’œuf. Pour vérifier votre complément, lisez toute la composition.

Le collagène marin vient du poisson, pas des algues

Le mot « marin » peut aussi prêter à confusion. Dans les compléments classiques, cette mention renvoie au poisson. Le contenu n’est donc pas végétal. Les algues peuvent fournir d’autres ingrédients, mais elles ne transforment pas un collagène de poisson en complément végétal.

Voici ce que contiennent les différentes catégories :

Produit annoncé Ce que vous prenez Compatible vegan ?
Collagène marin ou collagène bovin Une protéine animale, souvent hydrolysée en peptides Non
Collagène végétarien de membrane d’œuf Un extrait d’œuf contenant notamment du collagène Non
Booster de collagène végétal Des acides aminés et/ou des nutriments, selon la composition Oui si tous les ingrédients et l’enveloppe sont adaptés
Alternative à base de peptides végétaux Des fragments de protéines végétales, pas du collagène recombinant Oui si la composition complète est vegan
Collagène recombinant Du collagène produit par biotechnologie ; PrimaColl n’est pas autorisé en complément dans l’UE [12] Selon le procédé de production

Si votre hésitation porte seulement sur le poisson ou le bovin, notre comparatif collagène marin ou collagène bovin répond à cette autre question. Si vous excluez les ressources animales, les deux premières lignes sont à écarter.

Peau et articulations : quels résultats peut-on attendre ?

Des premiers résultats sur l’hydratation et l’élasticité de la peau

L’extrait de collagène d’hibiscus VC-H1 pourrait améliorer l’hydratation et l’élasticité de la peau après douze semaines de prise [4]. Cette alternative végétale pourrait aussi atténuer les rides du contour des yeux [4].

Concrètement, l’essai a réparti 100 adultes coréens de 35 à 60 ans, présentant une peau sèche et des rides autour des yeux, entre cet extrait et un placebo. Les résultats de 98 participants ont été analysés, avec notamment des appareils mesurant l’hydratation et l’élasticité cutanées. La quantité étudiée était de 1,5 g par jour. L’amélioration des mesures cutanées aurait été plus importante dans le groupe recevant l’extrait [4].

Ce résultat porte sur une préparation spécifique issue de l’hibiscus, pas sur une tisane ni sur n’importe quelle poudre vendue comme collagène vegan, de plus l’essai reste exploratoire : il a suivi plusieurs paramètres pendant une période courte, et l’un des auteurs travaille pour le fournisseur de l’ingrédient [4].

Les articulations demandent leurs propres études

Une peau mieux hydratée ne nous renseigne pas sur la douleur d’un genou. Les tissus, les symptômes et les mesures ne sont pas les mêmes. Pour les articulations, il faut donc regarder des travaux qui évaluent réellement la douleur ou la mobilité, plutôt qu’un résultat sur les rides.

Un mélange végétal a notamment été étudié pendant 60 jours, à raison de 2,5, 5 ou 10 g par jour. Parmi les 66 personnes recrutées, 63 ont terminé l’essai. Les participants auraient ressenti une diminution de leurs douleurs articulaires par rapport au début [5].

Mais tous prenaient le produit : les groupes recevaient simplement des quantités différentes. Sans placebo, une baisse de douleur ne suffit pas à prouver l’efficacité du complément. L’étude était également financée par le fabricant, dont deux auteurs étaient salariés [5].

Ces résultats ne démontrent pas que les alternatives végétales réparent le cartilage ou traitent l’arthrose [5]. Si une douleur articulaire persiste, demandez un avis médical plutôt que de compter sur un complément destiné à la beauté de la peau.

Même raisonnement pour les cheveux et les ongles. L’essai a aussi examiné ces aspects, mais l’absence de placebo reste la même [5].

Quelle composition chercher dans une alternative vegan ?

Protéines végétales : commencez par vos repas

Avant de choisir une poudre, regardez vos repas. Votre corps utilise les acides aminés issus des protéines alimentaires pour fabriquer ses propres protéines. Une alimentation végétale variée, avec des apports énergétiques suffisants, peut couvrir ces besoins [6].

Les lentilles, pois chiches, haricots, tofu, tempeh, noix et graines contribuent à ces apports. Vous pouvez varier les sources au fil de la journée ; inutile de chercher un aliment végétal qui contiendrait déjà du collagène. Les végétaux apportent des nutriments utiles à sa fabrication, pas du collagène à extraire.

Certains de ces acides aminés existent aussi à l’état isolé. Leur présence dans les tissus explique l’intérêt qu’on leur porte, mais elle ne prouve pas qu’en ajouter systématiquement augmente la production de collagène dans votre peau. Votre corps ne dépend pas d’un seul acide aminé : votre alimentation et les autres nutriments comptent aussi. Chercher à renforcer ses apports avec une poudre n’a donc de sens qu’en regardant ce qu’on mange déjà.

Chez nous, la glycine cristallisée ne contient qu’un acide aminé purifié, sans matière première animale. Son goût légèrement sucré permet de l’incorporer dans un yaourt végétal ou une boisson. C’est une option si vous cherchez cet acide aminé seul, pas un mélange identique aux préparations testées dans les essais précédents.

Glycine cristallisée
Nous vous recommandons4.6 étoiles4.6 | 3150 avisGlycine cristallisée

Notre glycine cristallisée a une pureté garantie supérieure à 99.9%. Avec 100% de glycine par portion elle viendra couvrir facilement vos besoins. 100% de Glycine par portion 🏆 Forme cristallisée de qualité 💎 Pureté garantie supérieure à 99,9% 💪 Purifiée à l'eau sur charbon actif 💧 Sachet recyclé/able, sans doseur plastique ♻️

Pour comprendre ce qui change entre l’acide aminé isolé et la protéine, vous pouvez aussi lire notre article glycine ou collagène.

La vitamine C accompagne la synthèse du collagène

La vitamine C contribue à la formation normale de collagène pour assurer la fonction normale de la peau et des cartilages. Elle aide notamment des enzymes à modifier certains acides aminés afin de stabiliser la structure du collagène [2].

Vous pouvez en apporter avec des fruits et légumes : kiwi, agrumes, poivron ou brocoli, par exemple. Un complément peut être une autre source, mais plus de vitamine C ne signifie pas automatiquement plus de collagène. Son rôle dans la synthèse ne justifie pas de multiplier les doses lorsque vos apports sont déjà suffisants [2].

Certains boosters ajoutent de l’acide hyaluronique. Malgré son association fréquente avec le collagène dans les soins beauté, ce n’est pas la même molécule. Vérifiez aussi comment cet acide hyaluronique est fabriqué : son nom ne suffit pas à savoir si le complément est vegan. Si vous hésitez entre les deux, notre comparatif acide hyaluronique ou collagène détaille leurs différences.

Enfin, les extraits de plantes changent d’un complément à l’autre. Une préparation à base de Centella asiatica et de ginseng n’est pas identique à un extrait d’hibiscus. Le résultat d’un mélange ne peut pas être attribué à toutes les plantes qu’on lui ajoute, ni à chaque extrait pris séparément.

Comment choisir et utiliser votre complément ?

Comparez la composition et la quantité par portion

Devant deux produits appelés « collagène vegan », retournez les emballages. Vous pouvez trouver des acides aminés libres et des vitamines, ou des peptides issus de protéines végétales [8][9][10]. Ces formules différentes ne peuvent pas toutes se réclamer des résultats d’une même étude. Si la préparation testée n’est pas celle du pot, ses résultats ne vous disent pas ce que vous pouvez attendre de votre complément.

Pour les comparer, vérifiez ces points :

  • L’origine de tous les ingrédients, y compris l’enveloppe des gélules. Les extraits d’œuf et de poisson restent exclus.
  • Les quantités apportées par la portion quotidienne, pas seulement le poids total du sachet ou du « complexe ».
  • Le nom exact de la préparation étudiée, sa quantité et l’objectif mesuré : peau, articulations ou autre.
  • La traçabilité du fabricant et les contrôles disponibles sur la composition et les contaminants.

Choisissez votre complément pour son contenu et ses données, pas pour le seul mot « collagène ». Une poudre à diluer peut être pratique lorsque la portion représente plusieurs grammes. Les gélules peuvent être plus faciles à emporter. Ni l’une ni les autres ne garantissent une meilleure efficacité : comparez d’abord ce que vous prenez réellement. Une page de vente peut regrouper plusieurs références ; vérifiez que les avis et les études affichés concernent bien celle que vous avez sélectionnée.

Gardez une routine simple avec vos produits

Il n’existe pas de dose unique de collagène vegan. Les quantités étudiées avec un extrait végétal ne se transposent pas à un mélange d’acides aminés. Prenez donc la portion indiquée pour votre complément, sans reprendre celle d’une autre préparation.

Les études citées ici ont suivi les participants pendant plusieurs semaines : douze pour l’extrait d’hibiscus et 60 jours pour VEGCOL [4][5]. Cela ne fixe pas une durée de cure universelle. Vérifiez la durée réellement étudiée avec votre complément plutôt que de retenir une promesse de résultat en quelques jours.

Pour la prise, choisissez une préparation qui vous convient au quotidien. Une poudre peut se mélanger dans de l’eau ou un yaourt végétal, selon les indications du fabricant. Si elle contient de la vitamine C, suivez aussi ses consignes concernant les boissons chaudes. Un goût difficile à supporter ou une longue série de gélules peut vite rendre la routine contraignante.

Et gardez une source de protéines dans vos repas. Par exemple, du tofu avec des légumes et du riz, ou une salade de lentilles avec du poivron, apportent autre chose qu’une simple portion de poudre. Le complément vient en plus de cette alimentation, pas à sa place [6].

Quelles précautions avec les boosters végétaux ?

Vegan ne veut pas dire adapté à tout le monde. Vous prenez déjà du magnésium ou un multivitamines ? Vérifiez si votre booster en contient aussi et additionnez les apports. Vérifiez également les plantes et les allergènes présents dans le mélange.

Si vous prenez un traitement, montrez la formule à votre pharmacien. C’est particulièrement utile avec les mélanges contenant du ginseng : certains fabricants les déconseillent sous traitement antidiabétique. Pendant la grossesse ou l’allaitement, demandez également un avis médical avant de commencer un booster.

Enfin, si vous ressentez un inconfort, arrêtez la prise et faites le point avec un professionnel de santé. La mention vegan ne garantit pas l’absence de risque pour votre santé. Un complément simple, dont vous connaissez la composition et l’utilité pour vous, reste plus facile à choisir qu’un assemblage de poudres et de plantes dont les quantités ne sont pas précisées.

FAQ

Non. Vegan et bio ne décrivent pas la même chose : le premier concerne l’absence d’ingrédients d’origine animale, le second un mode de production encadré. Vérifiez les mentions et les certifications propres au produit, sans déduire l’une de l’autre.

Non, ce sont deux usages différents. Une crème s’applique sur la peau, tandis qu’un complément est ingéré. Une étude réalisée avec une formule à boire ne démontre pas les effets d’un cosmétique portant le même nom, et inversement. Choisissez chaque produit selon son usage et ses propres données.

Louis Bertolini
Louis Bertolini
Louis Bertolini est le co-fondateur de greenwhey. Passionné par la santé et convaincu qu'une nutrition efficace peut être respectueuse de l'environnement, il a lancé greenwhey en 2015 alors qu'il était encore étudiant.