Parfois, une plante traverse les siècles sans jamais vraiment quitter le paysage. Elle change de statut, passe du rituel au complément alimentaire, mais conserve une chose : une réputation solide, patiemment construite. La boswellia fait partie de ces plantes. Longtemps associée à l’encens, aux traditions orientales et aux médecines anciennes, elle intrigue aujourd’hui la recherche moderne pour ses interactions possibles avec les mécanismes de l’inflammation et son rôle potentiel dans le confort articulaire et digestif. Avant de parler d’extraits, de standardisation, de sa présence dans notre complexe articulaire ou d’études cliniques, il faut revenir à l’essentiel : ce qu’est réellement la boswellia, d’où elle vient et pourquoi elle a traversé l’histoire.
- Définition et origine de la boswellia
- Histoire et utilisation traditionnelle
- Propriétés de la boswellia
- Utilisations courantes de la boswellia
- Précautions et effets secondaires
- Choisir la boswellia de qualité
Définition et origine de la boswellia
La boswellia désigne un genre botanique appartenant à la famille des Burseraceae, une famille d’arbres connue pour produire des résines aromatiques. Parmi la vingtaine d’espèces recensées, une seule concentre aujourd’hui l’essentiel de l’intérêt nutritionnel et scientifique : Boswellia serrata.
Cet arbre à feuilles caduques pousse principalement dans des zones arides et rocheuses de l’Inde, notamment dans les régions de l’Andhra Pradesh, du Madhya Pradesh ou du Gujarat. Il s’adapte à des sols pauvres, à la chaleur et à des périodes de sécheresse prolongées. Ce contexte n’est pas anodin : c’est précisément ce stress environnemental qui conduit l’arbre à produire une oléo-gomme-résine particulièrement riche sur le plan phytochimique.
La partie utilisée n’est ni la feuille ni l’écorce en tant que telles, mais la résine exsudée après incision du tronc. Une fois récoltée et séchée, cette résine prend l’aspect de larmes translucides, aux teintes allant du jaune pâle au vert ambré. C’est cette matière première qui sera ensuite transformée en poudres ou en extraits standardisés, utilisés dans les compléments alimentaires.
Histoire et utilisation traditionnelle
La boswellia n’est pas une plante « redécouverte ». Elle est documentée depuis plus de deux millénaires, à la fois pour ses usages symboliques et pour ses applications médicinales empiriques. Dans l’Antiquité, sa résine circulait le long des grandes routes commerciales reliant l’Inde, la péninsule arabique, l’Afrique de l’Est et le bassin méditerranéen. Elle était alors considérée comme un produit rare et précieux, au même titre que les épices ou la myrrhe.
Mais là où la boswellia se distingue, c’est par la double nature de ses usages : d’un côté, une fonction rituelle et culturelle forte ; de l’autre, une intégration profonde dans les systèmes médicaux traditionnels.
Le Boswellia serrata dans la médecine ayurvédique
En Inde, Boswellia serrata est connue sous les noms de Salai ou Shallaki. Elle occupe une place ancienne dans la médecine ayurvédique, où elle est mentionnée dans des textes fondateurs comme le Charaka Samhita et le Susruta Samhita.
Dans cette tradition, la résine est décrite comme utilisée pour les troubles associés à la douleur, à la raideur et aux déséquilibres inflammatoires, notamment au niveau des articulations, du tube digestif et des voies respiratoires.
Les résines et leur importance culturelle
Au-delà de la sphère médicale, la résine de boswellia a longtemps été associée au sacré. Brûlée sous forme d’encens, elle accompagnait les cérémonies religieuses chez les Perses, les Grecs, les Romains ou encore dans les traditions orientales. Cette combustion lente libère des composés aromatiques qui expliquent son usage spirituel, mais aussi son rôle domestique, notamment comme fumigatoire.
Dans certaines régions de l’Inde, la résine est encore appelée « dhup », utilisée lors de rituels quotidiens ou pour purifier l’air intérieur.
Propriétés de la boswellia
Si la boswellia continue d’attirer l’attention aujourd’hui, ce n’est pas pour son parfum, mais pour la composition très spécifique de sa résine. Une fois extraite et analysée, cette oléo-gomme-résine révèle une famille de molécules qui concentrent l’intérêt scientifique : les acides boswelliques. C’est autour d’eux que s’articulent l’essentiel des travaux contemporains, notamment sur les mécanismes inflammatoires, la réponse immunitaire et le confort articulaire.
Propriétés anti-inflammatoires
Parler d’inflammation, c’est parler d’un processus biologique normal, indispensable à la défense de l’organisme, mais qui devient problématique lorsqu’il s’installe dans la durée. C’est précisément dans ce cadre que la boswellia est étudiée : non comme un anti-inflammatoire médicamenteux, mais comme une plante dont certains constituants pourraient interagir avec des voies inflammatoires spécifiques.
Les acides boswelliques et leur efficacité
Les acides boswelliques sont des triterpènes pentacycliques naturellement présents dans la résine. Parmi eux, l’AKBA (acide 3-O-acétyl-11-céto-β-boswellique) est souvent décrit comme le plus actif sur le plan biologique.
Des travaux expérimentaux ont montré que ces molécules pourraient inhiber l’enzyme 5-lipoxygénase (5-LOX), impliquée dans la synthèse des leucotriènes. (Safayhi et al., 1992)
Ce point est essentiel : contrairement aux anti-inflammatoires non stéroïdiens classiques, cette voie n’implique pas la cyclo-oxygénase, ce qui explique pourquoi la boswellia est étudiée pour son profil de tolérance potentiellement différent.
Pour imager, on pourrait dire que la boswellia n’éteint pas tout le système, mais agirait comme un réglage ciblé, en modulant une voie précise plutôt qu’en bloquant l’ensemble du processus inflammatoire.
Impact sur le système immunitaire
L’inflammation chronique est étroitement liée au système immunitaire.
Plusieurs études in vitro et précliniques suggèrent que les extraits de Boswellia serrata pourraient moduler certaines cytokines pro-inflammatoires, comme le TNF-α ou l’IL-6, via des mécanismes impliquant notamment NF-κB (Ammon, 2010).
Cette notion de modulation immunitaire explique pourquoi la boswellia est étudiée dans des contextes aussi différents que les troubles articulaires ou digestifs, sans pour autant revendiquer un effet thérapeutique.
Ultra concentré en MSM, Glucosamine et Chondroïtine, notre complexe articulaire est renforcé en Boswellia Boswellin® et Vitamine C Quali®-C.
- 700mg de Methylsulfonylméthane (MSM) par dose 💪
- 600mg de Chondroïtine sulfate par dose 💪
- 500mg de N-acétylglucosamine par dose 💪
- Boswellia Boswellin® + Vitamine C Quali®-C 🔬
- Pot carton + couvercle compostable ♻️
Autres bienfaits pour la santé
Au-delà de l’inflammation, la résine de boswellia présente d’autres caractéristiques biologiques qui complètent son profil, toujours dans une logique d’observation scientifique, et non de promesse.
Propriétés antioxydantes
Plusieurs analyses ont mis en évidence la présence de polyphénols et d’autres composés capables de neutraliser des espèces réactives de l’oxygène, en laboratoire (Mikhaeil et al., 2003 ; Siddiqui, 2011).
Nuance : Ces propriétés antioxydantes ne doivent pas être interprétées comme une « protection cellulaire garantie », mais comme un potentiel susceptible de participer à un environnement biologique plus favorable, notamment dans des contextes inflammatoires prolongés.
Effets sur les douleurs articulaires et chroniques
C’est probablement ici que la boswellia est la plus étudiée. Plusieurs essais cliniques randomisés ont observé qu’une supplémentation en extraits standardisés de Boswellia serrata pourrait être associée à une amélioration du confort articulaire. (Sengupta et al., 2008; Bannuru et al., 2018)
À retenir : Les auteurs parlent d’une réduction des scores de douleur et d’une amélioration de la mobilité, sans conclure à un effet curatif.
Utilisations courantes de la boswellia
Avec le passage de la résine brute à l’extrait standardisé, la boswellia a trouvé sa place dans les compléments alimentaires, où la question n’est plus seulement « quoi », mais sous quelle forme et à quel dosage.
Compléments alimentaires et formes de consommation
La boswellia est aujourd’hui principalement consommée par voie orale, sous forme de poudres encapsulées ou d’extraits concentrés. L’objectif n’est pas de brûler la résine, mais de bénéficier d’une teneur contrôlée en acides boswelliques.
Gélules vs teintures
Les gélules d’extrait sec sont de loin la forme la plus répandue. Elles permettent une standardisation précise (par exemple 30 % ou plus d’acides boswelliques), ce qui facilite la reproductibilité des apports utilisés dans les études cliniques.
Les teintures ou extraits liquides, plus rares, reposent sur des solvants alcooliques. Elles peuvent convenir à certains usages traditionnels, mais présentent une variabilité plus importante en termes de concentration, ce qui complique la comparaison avec les données scientifiques disponibles.
Dosage recommandé pour un usage sûr
Les études cliniques utilisent généralement des doses comprises entre 300 et 1 000 mg par jour d’extrait de Boswellia serrata, selon le degré de standardisation et la concentration de l'extrait.
Attention : Il est recommandé de respecter strictement les dosages indiqués par le fabricant, et de privilégier des prises au cours des repas, la résine étant lipophile. Cette approche vise avant tout la sécurité d’utilisation, la boswellia étant considérée comme bien tolérée aux doses étudiées.
Applications spécifiques en médecine
Même si la boswellia ne bénéficie pas du statut de médicament en Europe, certaines applications sont particulièrement documentées sur le plan scientifique.
Traitement de l’arthrose et des douleurs articulaires
Les essais cliniques disponibles suggèrent que la boswellia pourrait être utile dans la prise en charge du confort articulaire, notamment chez les personnes souffrant d’arthrose, en complément d’une approche globale incluant activité physique adaptée et hygiène de vie (Sengupta et al., 2008 ; Bannuru et al., 2018).
Les résultats portent sur des paramètres fonctionnels et subjectifs, comme la douleur ou la raideur, et non sur une régénération articulaire.
Protocole pour les affections chroniques
Dans des contextes inflammatoires chroniques, certaines études exploratoires se sont intéressées à l’usage de la boswellia sur des périodes prolongées, notamment dans les troubles digestifs inflammatoires (Gerhardt et al., 2001 ; Langmead & Rampton, 2006).
Ces travaux suggèrent un rôle potentiel de soutien sur la muqueuse digestive ou le confort respiratoire, sans conclure à une prise en charge thérapeutique.
Précautions et effets secondaires
Parler des propriétés de la boswellia sans aborder la question de la sécurité d’utilisation serait incomplet. Comme tout extrait végétal concentré, elle n’est ni anodine ni universelle.
Effets secondaires potentiels
Les essais cliniques et les retours d’usage indiquent que la boswellia est globalement bien tolérée aux doses étudiées. Les effets indésirables rapportés restent peu fréquents et concernent principalement la sphère digestive.
Les plus souvent mentionnés sont des troubles gastro-intestinaux légers, tels que des ballonnements, des nausées, des brûlures d’estomac ou des diarrhées passagères. Ces manifestations semblent davantage liées à la dose ou à la sensibilité individuelle, plutôt qu’à un effet toxique intrinsèque de la plante.
De rares cas de réactions cutanées allergiques ont également été décrits, notamment lors d’utilisations topiques ou chez des personnes présentant un terrain allergique particulier (Acebo et al., 2004). Ces situations restent marginales, mais justifient une attention particulière lors des premières prises.
Contre-indications à connaître
Certaines situations nécessitent une prudence renforcée, voire une abstention complète.
La boswellia est déconseillée pendant la grossesse et l’allaitement, par principe de précaution, en raison d’un manque de données de sécurité suffisantes et d’usages traditionnels évoquant un possible effet emménagogue.
Elle est également déconseillée chez les enfants, en particulier en dessous de 12 ans, sauf avis médical spécifique.
Des interactions médicamenteuses potentielles sont également évoquées dans la littérature. Par prudence, l’utilisation de boswellia est déconseillée chez les personnes prenant des anticoagulants, des immunosuppresseurs, ou des médicaments métabolisés par le foie, même si les données cliniques restent limitées.
Enfin, les personnes suivant un traitement pour l’asthme, notamment des inhibiteurs de la synthèse des leucotriènes, doivent impérativement demander un avis médical avant toute supplémentation.
Consulter un professionnel de santé avant utilisation
Un professionnel de santé pourra évaluer la pertinence de la supplémentation, le dosage adapté, et vérifier l’absence d’interactions avec un traitement en cours. Cette étape est particulièrement importante en cas de pathologie chronique, de prise médicamenteuse régulière ou de terrain physiologique particulier.
Choisir la boswellia de qualité
Toutes les boswellias ne se valent pas. La différence ne se joue pas tant sur le nom de la plante que sur la qualité de l’extrait, sa traçabilité et son niveau de standardisation.
Critères de sélection des produits
Un produit de qualité doit d’abord mentionner clairement l’espèce utilisée, à savoir Boswellia serrata, et non un simple « boswellia » générique.
Le second critère essentiel est la standardisation en acides boswelliques, idéalement comprise entre 30 % et 60 %, avec parfois une indication spécifique de la teneur en AKBA.
La méthode d’extraction compte également. Les extraits utilisés dans les études cliniques sont obtenus selon des procédés maîtrisés, garantissant la stabilité et la reproductibilité des composés actifs.
Enfin, la présence de certifications, l’absence d’additifs controversés et une traçabilité claire de la résine constituent des indicateurs supplémentaires de sérieux.
FAQ
Quels sont les bienfaits de la boswellia ?
Comment prendre la boswellia en toute sécurité ?
Quels sont les contre-indications à connaître ?
Où acheter de la boswellia de qualité ?
- Abdel-Tawab, M., Werz, O., & Schubert-Zsilavecz, M. (2011). Boswellia serrata: an overall assessment of in vitro, preclinical, pharmacokinetic and clinical data. Clinical Pharmacokinetics, 50(6), 349–369.
- Acebo, E., et al. (2004). Allergic contact dermatitis from Boswellia serrata extract in a naturopathic cream. Contact Dermatitis, 51(2), 91–92.
- Ammon, H. P. (2002). Boswellic acids (components of frankincense) as the active principle in treatment of chronic inflammatory diseases. Wiener Medizinische Wochenschrift, 152(15-16), 373–378.
- Ammon, H. P. (2010). Modulation of the immune system by Boswellia serrata extracts and boswellic acids. Phytomedicine, 17(11), 862–867.
- Bannuru, R. R., et al. (2018). Efficacy of curcumin and Boswellia for knee osteoarthritis: Systematic review and meta-analysis. Seminars in Arthritis and Rheumatism, 48(3), 416–429.
- Gerhardt, H., et al. (2001). Therapy of active Crohn disease with Boswellia serrata extract H 15. Zeitschrift für Gastroenterologie, 39(1), 11–17.
- Kimmatkar, N., et al. (2003). Efficacy and tolerability of Boswellia serrata extract in treatment of osteoarthritis of knee--a randomized double blind placebo controlled trial. Phytomedicine, 10(1), 3–7.
- Langmead, L., & Rampton, D. S. (2006). Review article: complementary and alternative therapies for inflammatory bowel disease. Alimentary Pharmacology & Therapeutics, 23(3), 341–349.
- Mikhaeil, B. R., et al. (2003). Chemistry and immunomodulatory activity of frankincense oil. Zeitschrift für Naturforschung C, 58(3-4), 230–238.
- Safayhi, H., et al. (1992). Boswellic acids: novel, specific, nonredox inhibitors of 5-lipoxygenase. Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics, 261(3), 1143–1146.
- Sengupta, K., et al. (2008). A double blind, randomized, placebo controlled study of the efficacy and safety of 5-Loxin for treatment of osteoarthritis of the knee. Arthritis Research & Therapy, 10(4), R85.
- Siddiqui, M. Z. (2011). Boswellia serrata, a potential antiinflammatory agent: an overview. Indian Journal of Pharmaceutical Sciences, 73(3), 255–261.







































