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Compléments

Oméga-3 et cerveau : rôle du DHA, mémoire et apports

Par Louis Bertolini

5 Minutes

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Ce qu'il faut retenir :
  • Le DHA contribue au fonctionnement normal du cerveau, avec un effet bénéfique obtenu à 250 mg par jour.
  • Le rôle structurel des oméga-3 ne garantit pas une amélioration cognitive chez l’adulte en bonne santé.
  • Les sources directes et l’ALA des végétaux se complètent, sans être interchangeables.

Vous vous demandez si les oméga-3 peuvent vous aider à mieux mémoriser ou à rester concentré ? Spoiler : ils participent bien au fonctionnement du cerveau, sans garantir de meilleures performances lorsqu’on se supplémente. Pourquoi ? Parce que le DHA fait partie des membranes de nos cellules nerveuses. Cependant, couvrir ce besoin biologique et gagner en concentration sont deux choses très différentes.

Comment les oméga-3 agissent-ils sur les cellules nerveuses ?

Les oméga-3 sont des acides gras polyinsaturés, autrement dit des graisses dont la structure comporte plusieurs doubles liaisons. Trois noms reviennent sur les étiquettes : ALA, EPA et DHA. Ils appartiennent à la même famille, mais leurs rôles et leurs sources diffèrent.

Forme Rôle et sources
ALA L’acide alpha-linolénique est indispensable et précurseur des formes à longue chaîne. Sources : noix, graines de lin, colza.
EPA L’acide eicosapentaénoïque participe à la régulation de l’inflammation. Sources : aliments marins et certaines microalgues.
DHA L’acide docosahexaénoïque est un constituant des membranes, notamment dans le cerveau et la rétine. Sources : aliments marins et microalgues.

Le dernier se trouve dans les phospholipides, les molécules qui forment la membrane des neurones. Il participe ainsi à son organisation : c’est l’un des bienfaits des oméga-3 qui expliquent leur place dans la santé cérébrale. [8]

Ces graisses servent aussi à fabriquer des molécules qui interviennent dans les réactions inflammatoires, cela explique pourquoi les oméga-3 pourraient contribuer à moduler l’inflammation, en plus de leur place dans la structure des cellules.

Et selon l'EFSA, le DHA contribue au fonctionnement normal du cerveau, avec un effet bénéfique obtenu par la consommation de 250 mg par jour. Mais attention, ce repère porte sur cet acide gras précis, pas sur le poids total indiqué à l’avant d’un flacon.

Le DHA dans une membrane neuronale, représentation simplifiée.
Le DHA dans une membrane neuronale, représentation simplifiée.

Les oméga-3 améliorent-ils la mémoire et la concentration ?

Chez l’adulte en bonne santé

Le rôle potentiel du DHA dans la mémoire est très étudié, mais les résultats varient selon l’âge, l’état cognitif et les tests utilisés : à l'heure où j'écris cette ligne, ils ne permettent pas de promettre une amélioration générale chez une personne en bonne santé. [4][9]

Si vous cherchez à rester concentré pendant vos révisions ou votre travail, augmenter les prises n’est donc pas un raccourci démontré. Les études ne donnent pas non plus de délai universel après lequel vous devriez ressentir une différence.

Avec l’âge et en cas de troubles cognitifs

Chez des personnes âgées sans démence, avec ou sans trouble cognitif léger, les suppléments pourraient avoir des effets sur certains tests. Des essais sur le DHA chez des adultes vieillissants suggéreraient notamment un gain de vitesse de traitement de l’information. Les synthèses récentes ne montrent toutefois pas un bénéfice uniforme sur l’ensemble des fonctions cognitives. Un résultat sur un test ne suffit pas à conclure à une prévention de la démence, mais il ouvre des pistes pour le futur de la recherche ! [4][9]

Certaines études associent aussi une consommation habituelle de poisson à un risque plus faible de troubles avec l’âge. Elles observent des habitudes, sans isoler l’effet d’une capsule : les autres repas et le mode de vie peuvent intervenir.

Pourquoi les apports comptent-ils pendant le développement ?

Pendant la grossesse et les premiers mois

Ces acides gras sont nécessaires au développement du cerveau et du système nerveux. Le DHA s’accumule particulièrement vite dans le cerveau au troisième trimestre de grossesse, puis continue de s’y accumuler pendant les deux premières années après la naissance. Ces phases de croissance expliquent l’importance pour les femmes enceintes d’avoir un apport régulier et suffisant en oméga-3. [1][8]

Pour la grossesse et l’allaitement, l’Anses retient 250 mg de DHA par jour et 500 mg d’EPA+DHA au total. Ce sont des apports nutritionnels totaux, repas compris, pas des quantités à ajouter systématiquement sous forme de gélules. [14]

Les essais de supplémentation menés pendant la grossesse ne montrent toutefois pas de bénéfice constant sur la cognition de l’enfant. Ce besoin nutritionnel ne doit donc pas être confondu avec un gain de performance ! [8]

Chez l’enfant et l’adolescent

Chez des souris carencées depuis l’adolescence, les chercheurs ont observé une communication perturbée entre certains neurones et des comportements plus anxieux à l’âge adulte. Les changements concernaient notamment les synapses, les zones où les cellules nerveuses échangent leurs messages. Ce modèle animal permet d’explorer comment un manque d’apports pendant la croissance se répercute sur les échanges et le comportement. [7]

Pour un enfant, nous privilégions une alimentation adaptée à son âge plutôt qu’une portion adulte. Si vous vous interrogez sur les conséquences réelles d'une éventuelle carence, une difficulté de concentration ne suffit pas à poser ce diagnostic : le contexte alimentaire et les autres causes possibles comptent. [8]

Où trouver les oméga-3 utiles au cerveau ?

Voici les sources principales d'oméga 3 dans l'alimentation : pour organiser vos repas, l’Anses conseille deux portions de poisson par semaine, dont une grasse, en variant les espèces et les lieux d’approvisionnement. Le saumon, la sardine ou le maquereau peuvent trouver leur place dans cette rotation. [3]

Vous pouvez compléter ces repas avec du colza en assaisonnement et des noix. Ils fournissent de l’ALA, que l’organisme peut transformer en EPA puis en DHA. Mais la conversion vers ce dernier est trop faible pour couvrir les besoins : les sources végétales d’ALA et les sources directes ne sont donc pas interchangeables. [1]

Poisson, noix et huile végétale : des aliments qui n’apportent pas les mêmes formes d’oméga-3.
Poisson, noix et huile végétale : des aliments qui n’apportent pas les mêmes formes d’oméga-3.

Pour l’adulte, l’Anses fixe les références à 250 mg de DHA et 250 mg d’EPA par jour, tous aliments confondus. Si vous ne consommez pas de produits marins, les huiles de microalgues peuvent apporter directement les formes à longue chaîne. Leur composition varie : vérifiez les deux lignes de l’étiquette. [14][8]

Pendant la grossesse, privilégiez les espèces autorisées bien cuites et suivez les restrictions concernant les prédateurs sauvages. Ces choix permettent de tenir compte des contaminants et du risque infectieux, en plus des nutriments recherchés. [3]

Faut-il se supplémenter pour son cerveau ?

Le choix dépend d’abord de vos repas habituels. S’ils apportent peu de formes à longue chaîne, vous pouvez envisager une supplémentation. 

Notre portion étiquetée de trois capsules d’Oméga 3 EPAX® contient 3 000 mg d’huile, dont 2 580 mg d’oméga-3. Elle apporte 1 440 mg d’EPA et 960 mg de DHA, soit 2 400 mg pour ces deux actifs combinés. Pour comparer les produits entre eux, regardez les actifs détaillés plutôt que le seul poids d’huile, c'est souvent trompeur, vous pouvez voir une grosse quantité d'huile mais qui n'est pas concentré du tout. 

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Quelles précautions avant de se supplémenter ?

Les compléments peuvent provoquer un goût désagréable, des reflux, des nausées ou d’autres inconforts digestifs. Si ces réactions persistent, faites le point sur la prise plutôt que d’augmenter la quantité. 

Vérifiez surtout les situations qui peuvent changer votre choix :

  • Traitement anticoagulant ou autre traitement régulier : demandez conseil sur les interactions et le suivi nécessaire.
  • Antécédent de trouble du rythme cardiaque : n’augmentez pas les doses sans avis médical. Chez des personnes atteintes de maladie cardiovasculaire ou à haut risque, une prise de 4 g par jour sur plusieurs années aurait légèrement augmenté le risque de fibrillation atriale, un trouble du rythme.
  • Grossesse, allaitement ou supplément destiné à un enfant : faites valider la formule et sa quantité, sans reprendre une portion adulte par défaut.

Pour commencer, regardez donc ce que vos repas apportent déjà, puis les quantités réellement inscrites sur l’étiquette. Vous pourrez choisir vos apports sans confondre couverture nutritionnelle et promesse de performance.

Louis Bertolini
Louis Bertolini
Louis Bertolini est le co-fondateur de greenwhey. Passionné par la santé et convaincu qu'une nutrition efficace peut être respectueuse de l'environnement, il a lancé greenwhey en 2015 alors qu'il était encore étudiant.