En France, plus de 10 millions de personnes souffrent de l’arthrose, selon l’Inserm, et le Pr Francis Berenbaum, expert en rhumatologie à l’Hôpital Saint-Antoine (Paris) : c’est LA maladie articulaire la plus fréquente.
On va décrypter pour vous les différents types de collagène (I, II), les bienfaits supposés du collagène marin et bovin, et voir ce que la science en dit vraiment.
- Qu’est ce que l’arthrose ?
- Le collagène : la charpente invisible de nos articulations
- Collagène et arthrose : que disent les études scientifiques ?
- Quel collagène pour l’arthrose : type I ou type II ?
- Collagène marin ou bovin : lequel choisir pour l’arthrose ?
- Comment prendre son collagène pour un effet optimal sur l’arthrose ?
Qu’est ce que l’arthrose ?
L’arthrose est la maladie articulaire la plus fréquente. Elle se caractérise par la dégradation progressive du cartilage qui recouvre les extrémités des os. À mesure que ce « coussin » protecteur s’use, les os frottent davantage, provoquant douleur, raideur et parfois des gonflements au niveau des articulations. Les genoux, les hanches et la colonne vertébrale sont souvent touchés, mais l’arthrose peut concerner n’importe quelles articulations.
Le collagène : la charpente invisible de nos articulations
Si notre corps était une maison, le collagène en serait la charpente. Le collagène est présent partout car elle représente une grande partie de la structure même de nos tissus : elle est présente dans la peau, les tendons, les os et surtout le cartilage articulaire, cette protéine contribue même à la solidité et l’élasticité de nos tissus. Le problème ? Avec l’âge, notre production naturelle de collagène chute, et nos genoux (et hanches, et épaules…) commencent à grincer, les articulations deviennent plus fragiles, et l’arthrose peut se manifester..
Collagène et arthrose : que disent les études scientifiques ?
Quand on parle de collagène et d’arthrose, il n’y a pas de bienfaits sans études cliniques ! De nombreuses recherches se sont intéressées à son impact sur les douleurs articulaires et la mobilité, avec des résultats encourageants.
Une méta-analyse de García-Coronado et al., 2019 a observé une réduction significative du score WOMAC total et de la douleur mesurée sur l'échelle visuelle analogique (EVA) chez les personnes prenant du collagène. La raideur articulaire était également réduite, tandis que les sous-scores WOMAC spécifiques à la douleur et à la limitation fonctionnelle ne montraient pas de différence statistiquement significative.
De son côté, le collagène hydrolysé a notamment été étudié pour son potentiel à stimuler la production de cartilage dans certains modèles expérimentaux (Bello & Oesser, 2006).
Cependant, gardez en tête que le collagène n’agit pas en une nuit : la plupart des études cliniques s’étendent sur 3 à 6 mois. C’est un complément qui s’inscrit dans une démarche sur le long terme.
Pour en savoir plus l'impact du collagène sur les articulations, rendez-vous ici.
Quel collagène pour l’arthrose : type I ou type II ?
Quand il s’agit de préserver nos articulations, tous les collagènes ne se valent pas.
Le type II, naturellement présent dans le cartilage, est souvent présenté comme la référence pour l’arthrose. Pourquoi ? Parce qu’il constitue l’essentiel de la structure cartilagineuse et qu’il a fait l’objet d’études scientifiques encourageantes.
Mais alors, le collagène de type I (marin ou bovin) est-il hors jeu ?
Pas forcément. Bien qu’il soit principalement naturellement associé à la peau, aux os et aux tendons, il contient des acides aminés qui participent à la structure des tissus conjonctifs. Une étude a montré que la consommation de peptides de collagène hydrolysé pourrait encourager la production de collagène par les cellules du cartilage (Bello & Oesser, 2006).
Collagène marin ou bovin : lequel choisir pour l’arthrose ?
Lorsqu’il s’agit de choisir un collagène, deux options reviennent souvent : le collagène marin et le collagène bovin. Mais y a-t-il une réelle différence entre le collagène bovin et marin lorsqu’on cherche un soutien pour l’arthrose ?
Le collagène marin, extrait principalement de la peau et des écailles de poisson, est majoritairement de type I. Ce type de collagène est étudié pour ses effets sur la peau, les tendons et la régénération tissulaire en général, mais il est moins présent dans le cartilage articulaire.
Le collagène bovin lui, peut contenir à la fois du type I (issu de la peau et des tendons) et du type II (issu du cartilage).
Le type II, est la forme qui constitue la structure principale du cartilage, est celui qui suscite le plus d’intérêt chez les scientifiques pour l’arthrose.
Comment prendre son collagène pour un effet optimal sur l’arthrose ?
Vous avez décidé de commencer une supplémentation en collagène ? Bonne idée ! Mais pour en tirer le meilleur, encore faut-il bien le prendre.
Quelle dose de collagène et combien de temps ?
Pour que votre cartilage ait le temps de faire connaissance avec son nouvel allié, la clé est la régularité. Les études suggèrent que 3 à 6 mois de supplémentation sont nécessaires pour observer des effets notables, qu’il s’agisse de collagène marin, bovin ou porcin...
Du côté de la dose recommandée, elle dépend de la forme choisie :
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Collagène hydrolysé (ex. Peptan®) 10 g/jour
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Collagène de type II non dénaturé (UC-II®) : 20 à 40 mg/jour
Quand et comment prendre du collagène ?
Vous pouvez prendre votre collagène à jeun ou avec un repas, selon ce qui vous convient le mieux peu importe sa forme (bovin, porcin, marin). Et bonne nouvelle : pas besoin de se forcer à boire une potion magique au goût douteux ! Notre collagène se mélange facilement dans un café, un smoothie, un yaourt ou même un simple verre d’eau.
Les bonnes associations avec une prise de collagène
Pensez à associer le collagène à de la vitamine C, cette vitamine contribue à la formation normale du collagène. De plus, certains compléments alimentaires comme notre complexe articulaire combinent aussi du Chondroïtine sulfate, N-acétylglucosamine ou MSM, souvent étudiées pour leur rôle dans la préservation et le confort des articulations
- Bello AE, Oesser S. Collagen hydrolysate for the treatment of osteoarthritis and other joint disorders: a review of the literature. Curr Med Res Opin. 2006 Nov;22(11):2221-32. doi: 10.1185/030079906X148373. PMID: 17076983.
- García-Coronado JM, Martínez-Olvera L, Elizondo-Omaña RE, Acosta-Olivo CA, Vilchez-Cavazos F, Simental-Mendía LE, Simental-Mendía M. Effect of collagen supplementation on osteoarthritis symptoms: a meta-analysis of randomized placebo-controlled trials. Int Orthop. 2019 Mar;43(3):531-538. doi: 10.1007/s00264-018-4211-5. Epub 2018 Oct 27. PMID: 30368550.
- Lin CR, Tsai SHL, Huang KY, Tsai PA, Chou H, Chang SH. Analgesic efficacy of collagen peptide in knee osteoarthritis: a meta-analysis of randomized controlled trials. J Orthop Surg Res. 2023 Sep 16;18(1):694. doi: 10.1186/s13018-023-04182-w. PMID: 37717022; PMCID: PMC10505327.
- Lugo JP, Saiyed ZM, Lane NE. Efficacy and tolerability of an undenatured type II collagen supplement in modulating knee osteoarthritis symptoms: a multicenter randomized, double-blind, placebo-controlled study. Nutr J. 2016 Jan 29;15:14. doi: 10.1186/s12937-016-0130-8. PMID: 26822714; PMCID: PMC4731911.
- Tjandra O, Gunawan S, Johan J, Lie FF, Rumawas ME, Limarta A. Efficacy and Safety of Undenatured Type II Collagen in The Treatment of Osteoarthritis of The Knee: A Randomized, Double-blind, Placebo-controlled Trial. Indones Biomed J. 2023;15(3):234-243. doi: 10.18585/inabj.v15i3.2348.





































