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Créatine et ménopause : ce que ça change vraiment (et ce que ça ne change pas)

Par Louis Bertolini

5 Minutes

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Ce qu'il faut retenir :
  • Oui pour le muscle, si vous vous entraînez : 3 g par jour plus musculation.
  • Chez les plus de 55 ans, 3 g peuvent renforcer l’effet de la musculation sur la force, au moins 3 séances par semaine.
  • Ça ne soigne pas les bouffées de chaleur. Sur l'ossature : un signal à 1 an, pas à 2 ans.
  • 3 g de créatine monohydrate tous les jours, y compris au repos.

Vous vous demandez si la créatine sert encore à quelque chose à la ménopause, ou si c’est un truc de salle pour les gars ? Spoiler : oui, pour le muscle et si vous vous entraînez. Pourquoi ? Les œstrogènes baissent, le muscle fond plus vite, et la créatine aide à recycler l’ATP pendant les séries courtes.

Oui pour le muscle, si vous vous entraînez

On range trop vite la créatine dans le seau « bodybuilding masculin ». Chez nous, c’est la même molécule : elle aide le muscle à recycler l’ATP pendant les efforts courts et intenses. On a déjà raconté ce mécanisme dans cet article : qu’est-ce que la créatine. Et à la cinquantaine, le terrain a changé : le muscle devient plus précieux.

À 55 ans, 3 g plus musculation

Selon l'EFSA, la créatine améliore les capacités physiques en cas de séries successives d’exercices très intenses de courte durée, à 3 g par jour, chez l’adulte qui fait ce type d’effort.

Et il y a le deuxième bienfait, plus ciblée : la consommation quotidienne de créatine peut renforcer l’effet de la musculation sur la force musculaire chez les adultes de plus de 55 ans, 3 g par jour, musculation au moins trois fois par semaine pendant plusieurs semaines, avec des charges de l’ordre de 65 à 75 % d’un maximum.

Concrètement ? Sans charges, la cuillère ne fait pas le travail à votre place. Une revue sur la créatine chez les femmes le confirme : force et composition corporelle bougent surtout quand on combine la prise à un entraînement en résistance. [2] Chez des adultes plus âgés (pas seulement des femmes) ajouter de la créatine à la musculation aurait augmenté davantage la masse maigre et la force que la musculation seule, sur une dizaine de semaines, et le test de la chaise aurait aussi un peu mieux bougé. [5]

Un essai court chez trente femmes de 58 à 71 ans va dans le même sens. Sept jours à 0,3 g par kilo de créatine monohydrate auraient fait monter le développé-couché d’environ 1,7 kg et la presse à cuisses d’environ 5,2 kg, avec un peu de masse maigre, et un test de marche talon-pointe un peu plus rapide. [6] 

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Les bouffées de chaleur, ce n’est pas son job

On le dit directement : la créatine ne soigne pas les bouffées de chaleur, ni les sueurs, ni le THS. Elle n’est pas un « allié hormonal ». Son rôle principal, c’est l’énergie du muscle. Et les données sur la périménopause restent actuellement limitées. [2]

Ce que ça change : le muscle, si vous poussez. Ce que ça ne change pas : les bouffées.
Ce que ça change : le muscle, si vous poussez. Ce que ça ne change pas : les bouffées.

Ce que la ménopause fait à la masse musculaire

Pourquoi le sujet revient maintenant ? Quand les œstrogènes chutent, le muscle et la force reculent plus vite. On appelle ça la sarcopénie. Ce n’est pas une fatalité de canapé. C’est un terrain : moins de stimulus pour construire, récupération plus molle, parfois moins de créatine dans l’assiette, viande, poisson. 

Une revue note que les femmes présenteraient des réserves endogènes de créatine 70 à 80 % plus basses que les hommes. [1] Ça ne veut pas dire « vous êtes vides ». Ça veut dire : le réservoir de départ est souvent plus bas, donc la supplémentation a davantage de chances de se voir, surtout après 50 ans.

Après la ménopause, la même revue évoque des bénéfices possibles sur la taille et la fonction du muscle à des doses élevées (0,3 g/kg/j), et un intérêt osseux uniquement combiné à l’entraînement en résistance. [1] Pour 60 kg, 0,3 g/kg, ça fait autour de 18 g. Si le sujet de la prise de muscle et de la créatine vous intéresse on a aussi un dossier sur la créatine et prise de masse qui recadre ce qu’elle fait vraiment au muscle.

Densité minérale osseuse : ce que les essais ont vraiment vu

L’os, tout le monde en parle à la ménopause. On a quand même des essais intéressants. Par exemple :

Un essai d’un an a vu un signal au col du fémur

Chez des femmes post-ménopausées, 12 mois de créatine (0,1 g/kg/j) pendant un programme de musculation trois fois par semaine auraient ralenti la perte de densité minérale osseuse au col du fémur : environ −1,2 % sous créatine contre −3,9 % sous placebo. [3] La force au développé-couché aurait aussi davantage monté. [3]

L’essai de deux ans n’a pas confirmé la DMO

Le même labo a recommencé plus grand. Cette fois-ci 237 femmes post-ménopausées pendant deux ans, 0,14 g/kg/j de créatine, de la musculation trois fois et de la marche six fois par semaine. Résultat : pas d’effet sur la densité minérale osseuse du col du fémur, de la hanche ni du rachis. [4] Quelques propriétés géométriques de l’os, du côté du fémur, auraient un peu mieux tenu. [4] La marche sur 80 m aurait aussi été un peu plus rapide, et chez celles qui ont vraiment fini le protocole, la masse maigre aurait un peu plus monté. [4] La force au développé et au squat, elle, a monté dans les deux groupes :puisque tout le monde s’entraînait.

3 g de créatine monohydrate, tous les jours

La forme des essais, c’est la créatine monohydrate. Retenez juste une chose : les formes "exotiques" comme la créatine HCl, esters, « glow », bacopa collé dessus : le marketing court plus vite que les données. Notre guide quelle créatine choisir vous en apprendra plus sur ce sujet. Notre Créatine Creapure® est 100 % monohydrate, pureté garantie supérieure à 99,95 %. 

Pas besoin de phase de charge

Les protocoles 0,3 g/kg pendant une semaine, ou 0,1–0,14 g/kg pendant des mois, ce sont des quantités utilisé lors d’études encadrées. [3][4][6] Chez nous, pas de charge à 20 g. Pour la créatine et son dosage, retenez juste : 3 g, un verre d’eau, tous les jours. Le muscle se remplit en quelques semaines à cette dose. On ne « sent » pas un clic le soir même.

L’eau dans le muscle, ça peut bouger la balance dès les premiers jours. Les séries, elles, se jugent sur des semaines. Donc on ne lit pas le lundi matin sur la pèse-personne. On regarde les dernières répétitions.

Et si vous mangez peu de viande ? Pas besoin de doubler pas la cuillère, vous arriverez à saturer vos stocks dans tous les cas.

La même cuillère, y compris au repos

On la prend aussi les jours de repos. Ce n’est pas un pre-workout. C’est un réservoir à remplir. Une fois rempli, on ne va pas plus haut en en mettant plus. Le meilleur moment compte moins que la constance : 22 h ou 10 h, ça change peu mais sauter un jour sur deux, oui.

Et au passage, si vous la prenez déjà pour les séries courtes, vous n’ajoutez pas un second sachet « ménopause ». C’est la même cuillère derrière le marketing.

Reins, eau, traitements : ce qu’on surveille

Chez l’adulte en bonne santé, la créatine monohydrate est l’un des compléments les mieux documentés. Ce que vous pouvez sentir : un peu d’eau dans le muscle, parfois le ventre. Ce n’est pas un gonflement sous-cutané, on recadre cette idée reçue dans cet article : créatine et rétention d’eau

Maladie rénale, traitement chronique ou un simple doute : on en parle à un professionnel de santé. La créatinine peut monter sur une prise de sang sans que le rein soit « abîmé ». L’explication complète est ici : créatine et reins.

Côté tête : brouillard mental, mémoire, humeur... une revue évoque des effets possibles sur l’humeur et la cognition, peut-être en restaurant l’énergie du cerveau. [1] Donc une piste, si vous avez la tête dans le coton. Ce n’est pas pour ça qu’on la prend à la ménopause, et ça ne remplace pas le sommeil. Si le sujet cerveau vous intéresse vraiment, on l’a déjà ouvert du côté créatine et Alzheimer.

Notre Creapure®, pour le muscle

On n’a pas inventé une créatine « ménopause ». On a choisi la même monohydrate pour tout le monde : 1 seul ingrédient, et c’est tout. Notre Créatine Creapure® tient en un sachet : 3 g par portion, fabriquée par Creapure®.

Si vous la prenez déjà pour les séries courtes et intenses, vous n’ajoutez rien pour la cinquantaine. C’est la même cuillère. Le muscle, lui, a davantage besoin qu’on le charge vraiment.

FAQ

Chez l’adulte en bonne santé, la créatine monohydrate est l’un des compléments les mieux documentés. On peut sentir un peu d’eau dans le muscle, parfois le ventre. Maladie rénale, traitement, doute : on en parle à un professionnel de santé.

3 g de créatine monohydrate par jour, tous les jours, y compris au repos. C’est la dose des allégations musculaires. Les 0,1 à 0,3 g/kg des essais os ou de charge restent des quantités étudiées, pas une posologie maison.

Il n’y a pas d’allégation autorisée « créatine et os ». Un essai d’un an a vu un signal au col du fémur ; l’essai de deux ans, plus grand, n’a pas confirmé la densité minérale osseuse. Le job, c’est d’abord le muscle, avec de la musculation.

Non. Ce n’est pas un traitement des bouffées, ni un substitut du THS. Elle n’est pas un « allié hormonal ».

Louis Bertolini
Louis Bertolini
Louis Bertolini est le co-fondateur de greenwhey. Passionné par la santé et convaincu qu'une nutrition efficace peut être respectueuse de l'environnement, il a lancé greenwhey en 2015 alors qu'il était encore étudiant.